Couvre-feu à 18 heures : quels sont les départements qui pourraient bientôt y passer ? – Le Parisien

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La France a désormais deux horloges. Dès ce samedi, la vie va s’arrêter deux heures plus tôt dans les Alpes-Maritimes, en Moselle, dans les Vosges, la Nièvre ou encore dans la Marne, contrairement au reste de l’Hexagone. Les habitants de quinze départements, où le virus circule le plus, devront être rentrés chez eux à 18 heures pétantes.

« C’est une décision difficile, mais le couvre-feu fonctionne, nous disent les scientifiques, car il permet de limiter les interactions sociales dans un cercle privé et, on le sait, c’est là que le virus se diffuse le plus », a déclaré ce vendredi Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, prenant l’exemple de la Guyane, où le couvre-feu évolutif avait été « efficace » en octobre.

Le gouvernement a classé en rouge les départements où le nombre de cas de Covid-19 dans la population et chez les plus de 65 ans dépasse le seuil d’alerte de 200 cas positifs pour 100 000 habitants. Dans les Alpes-Maritimes, ce taux, qui a doublé en trois semaines, monte jusqu’à 300, 266 dans le Doubs, 296 dans les Ardennes, où les malades y occupent 125 % des lits de réanimation.

Couvre-feu à 18 heures : quels sont les départements qui pourraient bientôt y passer ?

Alors que la situation va être réévaluée la semaine prochaine en fonction de l’évolution de l’épidémie, d’autres départements se rapprochent dangereusement du seuil d’alerte. C’est le cas de Paris à 143, du Rhône à 150 ou encore de la Côte-d’Or à 183. Ne faut-il pas anticiper, en avançant d’emblée le couvre-feu dans ces zones également ? Chez les soignants, le débat divise. « Je ne pense pas, a priori les chiffres ne sont plus vraiment inquiétants à Marseille », évoque Marc Léone, le chef de la réanimation à l’hôpital Nord. Même constat à Lyon, où la situation semble « sous contrôle ».

« L’incidence est même plutôt en train de baisser doucement », avance Jean-Christophe Richard, patron de la réa de l’hôpital de la Croix-Rousse, tout de même « inquiet » par l’impact de Noël. « On suit avec attention la situation, on craint tous que les fêtes aient fait repartir l’épidémie ». « Mais est-ce qu’avancer un couvre-feu et concentrer davantage les activités avant 18 heures est utile ? Je n’ai pas la réponse », doute-t-il.

«Diminuer les contacts, c’est notre seule carte»

Au contraire, pour Benjamin Davido, infectiologue à Garches (Hauts-de-Seine), le « faux plateau » qu’il observe à Paris, n’est pas bon signe. « Le nombre de cas de Covid monte, descend, monte… Je m’en méfie, car non seulement ce taux est sûrement sous-évalué puisque les gens sont encore en vacances mais on rentre dans le dur de l’hiver, propice à la circulation du virus. »

Si cette tendance se confirme, il faudra agir vite sinon la seule solution sera le reconfinement. « Dans ce cas, ce ne sera plus du stop-and-go mais du stop-and-stop. » « Diminuer les contacts, c’est notre seule carte, en plus des gestes barrière, en attendant la vaccination », abonde l’immunologiste Jacqueline Marvel, en faveur de « ce compromis ».

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Mais pour l’épidémiologiste Mircea Sofonea, le gouvernement n’est pas assez dans l’anticipation. « Regarder le taux d’incidence tous les deux jours pour adapter les décisions dans chaque région, n’a aucun sens. Il faut avoir une vue d’ensemble, en observant les données tous les quinze jours. De plus, en superposant les mesures, on ne connaîtra jamais l’efficacité de chacune. »

Par cette stratégie, le gouvernement montre, selon lui, qu’« il y a une forme d’hésitation et de flou » alors qu’il faut s’appuyer sur des prévisions. « On doit se demander, si je ne mets pas en place un couvre-feu anticipé dans cette région, qu’est-ce qu’il se passera ? Et non prendre des mesures en espérant qu’elles marchent. »

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