Coronavirus : un reconfinement est-il inéluctable ? – Journal La Croix

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La France va-t-elle être reconfinée ? La question resurgit, ces derniers jours, face aux chiffres de la pandémie : 52 000 cas identifiés en 24 heures, dimanche 24 octobre, un triste record. Le scénario ne semble pas exclu par le gouvernement, même s’il n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour.

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Dans l’attente des résultats de l’impact des couvre-feux, « il est trop tôt pour dire si on va vers des reconfinements locaux ou plus larges », déclarait Emmanuel Macron, le 23 octobre. « Trop tôt », ne voulant pas dire « jamais », le reconfinement est-il inéluctable ?

Un reconfinement pour « agir vite »

« Oui, car nous allons droit dans le mur, estime l’épidémiologiste Catherine Hill. Le nombre d’admissions à l’hôpital qui augmente très vite va se traduire dans dix jours par une augmentation rapide des admissions en réa, qui sont déjà en train d’augmenter », prédit-elle, rappelant que les cas positifs « ne sont que la partie émergée » de l’iceberg.

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« Il y a probablement plus de 50 000 cas par jour », admettait, lundi 26, sur RTL, le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, estimant à « 100 000 » le nombre réel de cas. Autant de vecteurs potentiels de circulation du virus. « Il faut agir et vite », plaide donc Catherine Hill, invitant à un confinement général immédiat, et à l’organisation d’un dépistage massif dans toute la population.

Des « solutions intermédiaires » pour limiter « l’impact social »

« Un nouveau confinement aurait un impact social et économique terrible », estime pour sa part Martin Blachier, médecin de santé publique et épidémiologiste. Lui considère qu’avant d’en arriver là, des « solutions intermédiaires » peuvent sans doute « être trouvées » pour réduire ses interactions sociales et ses activités au minimum. « Continuer à faire les courses, aller à l’école, mais aller au travail uniquement quand le télétravail n’est pas possible. »

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Des limitations contraignantes, mais toujours « plus supportables qu’un confinement total », pour Martin Blachier, qui plaide en revanche pour un « autoconfinement solidaire » des plus âgés et des plus vulnérables. Il le suggère, d’un ton direct, conscient de la difficulté d’acceptabilité de cette mesure : « Dans les quinze prochains jours, les 60-80 ans, devraient interrompre totalement leurs rapports sociaux”physiques”, quand bien même ils se sentent en pleine forme. » Avec l’objectif d’échapper à un reconfinement total.

Vers un confinement « moins dur » ?

Augmenter les contraintes, pour éviter une situation extrême. Suivant cette même ligne, le président du comité scientifique, Jean-François Delfraissy, a présenté deux scénarios, sur RTL. Le premier : un couvre-feu « plus massif », à la fois dans ses horaires (sans pour autant les préciser) et dans son étendue au niveau du territoire national, et « qui puisse également être mis en place le week-end ».

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Deuxième hypothèse : aller vers un confinement, certes, mais « moins dur » que celui mis en place au mois de mars, c’est-à-dire qui permettrait de « conserver une activité scolaire et un certain nombre d’activités économiques ». Le déconfinement, lui, se ferait « en douceur », assorti d’un couvre-feu, précise le président du comité scientifique. Un scénario qui pourrait, en altérant la circulation virale, faire gagner « plusieurs mois ».

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Y aura-t-il « un confinement » ou « des » confinements partiels, adaptés aux territoires ou aux tranches d’âge ? Quelle que soit l’option choisie, une chose est sûre, pour Jean Rottner, ancien médecin urgentiste et président de la région Grand Est, durement touchée par la première vague : gouvernement et communauté scientifique vont devoir faire preuve de pédagogie. « Si reconfinement il doit y avoir, le gouvernement doit rediscuter avec les élus locaux, les associations patronales. Il faut discuter, anticiper, et ne pas être mis devant le fait accompli. »

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