Coronavirus : « Tous les indicateurs » se dégradent, avertit Santé publique France – Le Monde

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Une femme attend pour se faire dépister, à Nice (Alpes-Maritimes), lundi 14 septembre.

Quatre mois après la fin du confinement, la situation est inquiétante. Circulation du virus chez les personnes âgées, nombre de « clusters » et même désormais nombre de décès : « Tous les indicateurs » d’une aggravation de l’épidémie de Covid-19 sont présents, avertit vendredi 18 septembre Santé publique France (SPF), qui y voit un signal invitant à plus de vigilance.

« Pour la première fois depuis la levée du confinement, on observe une augmentation des décès pour Covid-19 », avec un doublement à 265 morts, après 129 la semaine précédente, souligne l’agence sanitaire dans son dernier point hebdomadaire. « Ce sont des décès qu’on observe aussi bien au niveau hospitalier que dans les établissements d’accueil pour personnes âgées », a précisé au cours d’un point de presse en ligne Sophie Vaux, épidémiologiste.

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  • « Tous les indicateurs » se dégradent

« Si les jeunes adultes [20 à 30 ans] restent actuellement les plus touchés par le SARS-CoV-2, le virus progresse ces dernières semaines chez les 75 ans et plus », avec un taux de nouveaux cas en hausse de 45 % la semaine dernière dans cette tranche d’âges « susceptibles de développer les formes les plus graves de la maladie », selon SPF.

« Les “clusters” survenus en Ehpad sont également en forte augmentation », avec 68 foyers de contagion détectés dans ces établissements la semaine dernière, soit près du double par rapport à la semaine précédente (37).

« L’intensification de la diffusion du virus chez les personnes les plus âgées fait craindre la poursuite des hospitalisations et des décès dans les semaines à venir », alerte Santé publique France. Elle rappelle que « les formes graves conduisant à des hospitalisations, des admissions en réanimation et des décès surviennent avec un décalage d’environ deux semaines après le début de la maladie ».

Les indicateurs de l’épidémie à l’hôpital, repartis à la hausse depuis deux mois, ont continué à se dégrader la semaine dernière, avec « une augmentation des passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 (+ 50 %), des nouvelles hospitalisations (+ 45 %), ainsi que des admissions en réanimation (+ 48 %) ».

« Ces augmentations appuient la nécessité de protéger les personnes les plus vulnérables » et montrent que « l’adoption par tous de l’ensemble des mesures de prévention est essentielle », conclut SPF. En effet, si l’adoption du masque a nettement progressé dans la population ces dernières semaines, les autres mesures barrières (distance physique, lavage des mains, pas d’embrassade ou de serrage de mains) sont moins bien respectées qu’au début de l’épidémie, selon les dernières enquêtes de l’agence.

  • Nice limite à son tour les rassemblements

Lors d’une conférence de presse, jeudi, le ministre de la santé, Olivier Véran, a tracé la feuille de route des prochains jours pour contrer la « progression de l’épidémie », demandant aux préfets de proposer « d’ici à samedi » des mesures pour les métropoles de Lyon et Nice, où le taux d’incidence est respectivement quatre fois et trois fois supérieur à la « cote d’alerte » de 50 cas pour 100 000 habitants.

Le préfet des Alpes-Maritimes, Bernard Gonzales, a été le premier à réagir. Vendredi, il a interdit les rassemblements de plus de dix personnes dans les lieux publics à Nice.

La semaine dernière, Bordeaux et Marseille ont pris des mesures semblables : interdiction des rassemblements de plus de dix personnes dans les parcs ou sur les plages, et abaissement de la capacité d’accueil maximale pour les événements publics à 1 000 personnes.

Et « si la situation sanitaire ne s’améliore pas » à Marseille et en Guadeloupe, où des restrictions ont également été adoptées, « il faudra sans doute prendre des mesures encore plus fortes », a prévenu le ministre de la santé, citant « la possible fermeture des bars » ou encore « l’interdiction des rassemblements publics ».

  • Des nouvelles consignes pour les écoles et les crèches

Par ailleurs, les professionnels des crèches, qui devaient jusqu’à présent porter le masque uniquement en présence des parents, devront désormais le porter aussi avec les enfants, en vertu d’un nouvel avis du Haut Conseil pour la santé publique sur les questions de transmission entre les enfants et d’enfants à adultes.

En parallèle, les restrictions qui touchent aux contaminations entre enfants vont être assouplies. Ainsi, « lorsqu’un enfant est positif (…), il doit être isolé sept jours chez lui, mais les autres enfants de sa classe pourront normalement continuer à se rendre à l’école », a expliqué M. Véran. « Les enfants doivent aller à l’école et il n’y a pas lieu de renvoyer les élèves chez eux, voire de fermer des établissements entiers, à la première alerte », a-t-il ajouté.

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  • Embouteillages sur les tests

File d’attente pour un test Covid, à Paris, 8 août 2020.

En revanche, M. Véran n’a pas annoncé de mesures permettant de réduire les délais, trop longs, pour faire un test ou en avoir le résultat. « Nous sommes confrontés à de réelles difficultés organisationnelles », a concédé le ministre de la santé.

Pour résoudre le problème, les pouvoirs publics ont déjà défini une liste des personnes prioritaires – les gens qui ont une ordonnance, ceux qui ont des symptômes ou les soignants. En outre, les tests antigéniques, plus rapides que les tests PCR, sont désormais autorisés, mais pas pour les personnes présentant des symptômes ni pour les cas contacts.

Concernant les tests salivaires, « nous attendons de façon imminente l’avis de la Haute Autorité de santé » (HAS), a déclaré M. Véran.

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  • La préfecture d’Ile-de-France adresse un rappel à l’ordre

Dans un communiqué diffusé vendredi, la préfecture d’Ile-de-France a appelé la population à mieux respecter les recommandations sanitaires.

« Il faut souligner que la circulation du virus parmi les classes d’âge des 20-40 ans est très active (…). Le risque est désormais que la circulation du virus chez ces publics plus jeunes touche progressivement des personnes âgées ou fragiles et accélère ainsi l’augmentation des besoins de prise en charge sanitaire », déclare la préfecture.

Le texte appelle la population francilienne à se conformer aux mesures déjà instaurées. Il demande, en outre, à la population de renoncer aux rassemblements, tels que la Fête des voisins prévue vendredi, s’ils ne sont pas en mesure de faire respecter les règles sanitaires.

  • Nouvel An juif : les responsables religieux appellent à la prudence

Le président du Consistoire central et le grand rabbin de France appellent les fidèles à redoubler de précautions avant les fêtes du Nouvel An (Roch Hachana), qui commencent vendredi soir, et de Yom Kippour (le jour du Grand Pardon, les 27 et 28 septembre). 

« Nous avons envoyé des consignes très, très strictes à tous les rabbins et tous les présidents de communauté, avec des consignes également très strictes pour les fidèles », a affirmé le grand rabbin de France, Haïm Korsia.

Parmi les mesures préconisées par le Consistoire figurent l’inscription obligatoire pour assister aux offices, la multiplication des offices, la désinfection des synagogues ou encore l’interdiction de toucher des objets de culte. Autre exemple de précaution : placer un masque chirurgical sur une partie du chofar (corne de bélier utilisée pendant le rituel) « afin de limiter le risque d’émission de gouttelettes de salive ».

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Le Monde avec AFP

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