Coronavirus: pourquoi l’Organisation mondiale de la santé se montre de plus en plus préoccupée – BFMTV.COM

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C’est un signe de nervosité qui ne trompe pas. Alors qu’en Italie du nord, les lieux publics ont été fermés vendredi dans onze villes en raison de la découverte de nouveaux porteurs du coronavirus, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est inquiétée de l’absence de “lien épidémiologique clair” dans des cas apparus en dehors de la Chine. 

Ce sont magasins, bars, écoles, églises, stades, bibliothèques et autres lieux qui ont été fermés pour une semaine en Italie. Au total, 16 personnes supplémentaires ont été testées positives, dont six au moins ont vu leur cas confirmé.

À Genève, le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a en outre tiré la sonnette d’alarme:

“Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie.” Mais la “fenêtre de tir se rétrécit”, a-t-il averti, déplorant le manque de soutien financier international.

“Nous voyons que la situation évolue”

Selon les derniers chiffres de l’OMS publiés vendredi, 2239 morts ont été recensés sur 75.569 cas confirmés en Chine continentale (soit 2,96%). Hors de ce pays, l’OMS comptabilisait vendredi 8 décès pour quelque 1200 cas de contamination confirmés dans 26 pays et territoires. L’Italie et surtout l’Iran ont depuis annoncé de nouveaux cas mortels.

En effet, les foyers de la maladie se multiplient. En plus de l’Italie et de l’Iran, un premier cas a été confirmé au Liban et en Israël. Il y a eu un doublement du nombre des personnes atteintes en Corée du Sud et quelque 500 prisonniers ont été contaminés en Chine.

L’OMS est particulièrement préoccupée par l’apparition de cas en dehors de Chine “sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage et les contacts avec un cas confirmé”.

“Nous voyons que la situation évolue”, a souligné le Docteur Sylvie Briand, la directrice du département Préparation mondiale aux risques infectieux à l’OMS: “Non seulement le nombre des cas augmente mais nous voyons aussi différents modèles de transmission dans différents endroits”.

Le nombre des nouveaux cas reparti à la hausse

L’OMS refuse pour l’instant de parler de pandémie, mais considère qu’il y a “des épidémies différentes, montrant des phases différentes”, a-t-elle expliqué.

L’agence spécialisée de l’ONU a à cet égard annoncé la nomination de six envoyés spéciaux, parmi lesquels David Nabarro, l’ancien coordonnateur de l’ONU pour Ebola au moment de l’épidémie qui toucha l’Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016.

Soulignant une fois de plus les mesures “sérieuses” prises par la Chine pour contenir l’épidémie dans la province de Hubei et notamment dans la ville de Wuhan, où est apparu en décembre le nouveau coronavirus, le patron de l’OMS a appelé les “autres pays” à être également “très, très sérieux”.

Si le nombre des nouveaux cas quotidiens en Chine a baissé pendant quatre jours consécutifs, il est reparti à la hausse (au moins 889, contre 673 la veille), a annoncé vendredi le ministère de la Santé. Plus de 50 millions d’habitants du Hubei sont pourtant placés en quarantaine. 

Par ailleurs, si plusieurs États ont interdit l’entrée des voyageurs en provenance de Chine et de nombreuses compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers ce pays, cela n’a pas empêché l’émergence de nouveaux cas ailleurs dans le monde.

L’Afrique mal préparée

L’OMS a également averti ce samedi que les systèmes de santé en Afrique étaient mal équipés pour affronter l’épidémie de coronavirus si des cas de contamination apparaissaient et se multipliaient sur le continent. 

Au cours d’une réunion des ministres de la Santé des pays de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé ses États membres à “faire front commun pour être plus agressifs” dans la lutte contre la maladie à coronavirus Covid-19.

“Notre principale (source de) préoccupation continue d’être le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires”, a déclaré le chef de l’OMS dans une liaison vidéo depuis Genève. 

Jusqu’à présent, l’Egypte est le seul pays d’Afrique à avoir enregistré un cas confirmé de contamination. Plus de 200 cas suspects ont été recensés dans les pays de la région Afrique de l’OMS, soit la plus grande partie du continent, mais presque tous se sont avérés négatifs, a déclaré samedi la directrice du bureau régional de l’Afrique Matshidiso Rebecca Moeti.

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