Coronavirus: pourquoi la méthode de comptage du nombre de cas va-t-elle changer en France? – BFMTV.COM

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En annonçant que 29.155 personnes étaient désormais contaminées par le coronavirus jeudi soir en France, le directeur de la Santé a aussi annoncé que la France s’apprêtait à basculer vers une nouvelle forme de surveillance du nombre de cas recensés sur son territoire: “la surveillance syndromique en population”.

“Nous allons de plus en plus basculer vers une surveillance adaptée à l’épidémie, c’est-à-dire à une évaluation réelle du nombre de cas d’après nos professionnels de santé”, a déclaré Jérôme Salomon jeudi lors de sa conférence de presse quotidienne. 

“Le système de surveillance s’adapte car il doit être fiable en population générale”, a-t-il défendu le lendemain, lors de ce même point.

Le nombre de cas réels largement sous-estimé

En effet, depuis le passage de la France en stade 3 épidémique, les chiffres communiqués tous les soirs par la direction générale de la Santé reflètent de moins en moins la réalité du terrain. Et pour cause, les hôpitaux testent uniquement des cas précis: à savoir les personnes fragiles, les personnes âgées en Ehpad ou encore les professionnels de santé. De plus, le directeur général de la Santé ne communique lors de son point quotidien que les décès constatés en milieu hospitalier.

Jérôme Salomon lui-même a d’ailleurs précisé que les chiffres étaient largement sous-estimés. Et sur son site Internet, Santé publique France précise:

“Du fait de la difficulté de l’identification et de la confirmation biologique de l’ensemble des cas de Covid-19, les données présentées sous-estiment le nombre réel de cas”.

Rien que la semaine passée, au moins 40.000 “nouveaux cas de Covid-19” auraient été diagnostiqués par les médecins généralistes, selon les estimations de Santé Publique France, alors que seules 25.000 personnes avaient alors été testées positives et donc comptabilisées.

Par conséquent, depuis le 17 mars dernier, Santé Publique France est en train de passer à une nouvelle méthode de recensement du nombre de cas: la surveillance épidémiologique, qui n’est plus basée sur le dépistage biologique mais sur des estimations basées sur les données communiquées chaque semaine par un réseau de professionnels de santé (médecins généralistes, SOS Médecins, hôpitaux publics, Ehpad…) de l’ensemble du territoire.

“Une évaluation au plus près du terrain”

“Cette évaluation est faite à partir d’un échantillon de médecins sur l’ensemble du territoire national, elle est faite au plus près du terrain et elle permet ensuite d’adapter nos chiffres à une extrapolation sur l’ensemble du territoire français”, expliquait jeudi soir Jérôme Salomon.

Chaque semaine, comme pour le virus de la grippe, Santé Publique France a ensuite pour but d’analyser et de communiquer ces données épidémiologiques issues de la médecine ambulatoire (de ville), des collectivités de personnes âgées et des hôpitaux, ainsi que le nombre de morts. 

Selon le professeur Salomon, “ce réseau est identique à la surveillance des grand événements: notamment les événements climatiques, canicules ou vagues de froid, et aux épisodes de grippes saisonnières tous les hivers. Cette méthodologie, au plus proche du terrain (…) est considérée comme la méthode de référence en cas de stade épidémique”.

Enfin, elle est “nécessaire pour étudier la diffusion de l’épidémie en ville, mesurer l’impact en terme d’hospitalisations, de formes graves, de décès, mais aussi préconiser les mesures de gestion”, a ajouté le directeur de la Santé, précisant qu’un livret explicatif “avec tous les outils, les méthodes de calcul” serait disponible à partir de ce (vendredi) soir sur les sites officiels.

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