Coronavirus : Olivier Véran met en garde face à « une situation à risques » – Le Monde

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Le ministre de la santé Olivier Véran le 21 août à Florac.

« Nous sommes dans une situation à risques » face au Covid-19, a mis en garde le ministre de la santé Olivier Véran dans un entretien donné au Journal du dimanche (JDD) du 23 août, craignant une contamination des plus jeunes qui alimenterait aussitôt celle de personnes plus âgées et donc plus fragiles.

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Samedi, 3 602 diagnostics positifs ont été enregistrés en France, selon les autorités sanitaires. Jeudi et vendredi 4 771 et 4 586 nouveaux cas avaient été comptabilisés.

L’épidémie « ne s’est jamais arrêtée », a rappelé M. Véran. « Elle a seulement été contrôlée pendant le confinement puis le déconfinement progressif ». « Le risque, a-t-il insisté, c’est que, après avoir enlevé doucement le couvercle de la casserole, l’eau se remette à bouillir ».

Le virus n’est pas « mois dangereux »

« Le virus circule quatre fois plus chez les moins de 40 ans que chez les plus de 65 ans », a précisé le ministre. Or, a-t-il ajouté, « si la circulation du SARS-CoV-2 s’accélère encore chez les plus jeunes, les personnes âgées, qui contractent plus souvent des formes plus graves de la maladie, pourraient être à leur tour affectées ». « Il faut à tout prix éviter [un tel scénario] qui mettrait en tension notre système sanitaire et serait extrêmement problématique », a martelé Olivier Véran.

Car, a rappelé le ministre, « aucun argument scientifique ne vient étayer » la théorie d’un virus « moins dangereux ». « Le Covid-19 qui se propage est le même que celui qui a coûté la vie à 30 000 Français. Seul le profil des malades a changé ; ils sont plus jeunes et donc moins symptomatiques. »

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Concernant la propagation du coronavirus, le ministre de la santé a indiqué que « la majorité des transmissions se fait désormais dans des situations festives des plus jeunes, où les gestes barrières ne sont pas respectés ».

Passage entre les publics

Dans les Bouches-du-Rhône, un des huit départements où le niveau de vulnérabilité est élevé, et « où on a 188 nouveaux cas pour 100 000 personnes de 20 à 40 ans, on constate depuis trois semaines que les tests positifs augmentent chez les seniors », a-t-il fait remarquer. « Le passage entre les publics se fait déjà. Et on constate à nouveau une augmentation des entrées en hospitalisation et réanimation ».

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« De nouvelles mesures seront prises rapidement » dans ce département, a annoncé Olivier Véran, précisant que le chef du gouvernement Jean Castex avait tenu une réunion avec les ministres concernés à ce sujet.

Olivier Véran s’est toutefois voulu rassurant sur les capacités d’accueil des hôpitaux en affirmant que « nous sommes capables d’accueillir jusqu’à 29 000 malades en réanimation ». « On avait eu au total 17 000 passages en réanimation lors de la vague épidémique du printemps », a-t-il rappelé.

Pas de reconfinement général

Un reconfinement général « n’est pas à l’ordre du jour et ne constitue pas une hypothèse de travail » car « nous pouvons mettre en place des mesures spécifiques, territorialisées, comme nous l’avons fait avec succès en Mayenne ». « Et puis il y a et il va y avoir encore plus de contrôles et de sanctions », a-t-il prévenu.

Concernant la rentrée scolaire, M. Véran a indiqué qu’il faut veiller « à définir et mettre en place toutes les règles et protocoles nécessaires pour qu’elle puisse se dérouler dans les meilleures conditions ».

« Avec [le ministre de l’éducation nationale] Jean-Michel Blanquer, nous avons travaillé avec le Haut Conseil de la santé publique pour définir les règles permettant de limiter les risques dans les établissements scolaires. En tout cas, ils sont bien inférieurs à ceux qu’on ferait courir aux enfants en les privant d’école pendant des semaines », a-t-il estimé.

Interrogé sur les masques, il a indiqué que « fin septembre, on aura reconstitué le fameux stock national qui nous a tant manqué ».

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Le Monde avec AFP

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