Coronavirus : Macron prêt à un nouveau tour de vis pour contrer l’accélération de l’épidémie – Les Échos

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Publié le 13 oct. 2020 à 6:30Mis à jour le 13 oct. 2020 à 8:27

Le chef de l’Etat devrait annoncer ce mercredi sur TF1 et France 2 à 20 heures de nouvelles mesures visant à juguler l’inquiétant rebond de l’épidémie de coronavirus. Les indicateurs sanitaires ne cessent de s’aggraver dans tout le pays. Neuf villes (Paris, Aix-Marseille, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Lille, Toulouse, Montpellier…), dont les quatre plus importantes, sont désormais en alerte maximale.

En Ile-de-France, l’agence régionale de santé (ARS) s’attend à une hausse des cas graves dans les deux prochaines semaines, alors que 17 % des personnes testées se révèlent positives, un niveau jamais atteint. Le cap des 20.000 nouveaux cas quotidiens a été franchi en fin de semaine dernière et la situation dans les hôpitaux, déjà éprouvés par la première vague, est de plus en plus tendue. Le cas de la France est loin d’être isolé puisqu’une grande partie de l’Europe (le Royaume-Uni notamment) connaît des tendances similaires.

« Aujourd’hui, nous sommes dans une situation très difficile […] la réalité de la deuxième vague est là. J’appelle de façon extrêmement claire à ce que nous nous mobilisions toutes et tous pour faire face à cette deuxième vague. Il ne peut plus y avoir de relâchement », a alerté lundi le Premier ministre, Jean Castex, sur Francetv Info .

Des propos destinés à préparer les esprits, puisque Emmanuel Macron prendra le relais mercredi, au lendemain d’un Conseil de défense qui se tiendra ce mardi. L’Elysée planche sur une nouvelle salve de mesures, le but étant d’éviter au maximum un reconfinement général dont le coût économique, social et psychologique est considéré comme trop lourd. Toutes les options sont sur la table, dont des reconfinements locaux. « Nous verrons quelles sont en ce début de semaine les données épidémiologiques pour voir s’il y a lieu d’aller plus loin », a éludé lundi Jean Castex.

Toutes les options ouvertes

Le message d’une plus grande prudence, notamment dans la vie privée, peine à passer. Si les membres du gouvernement multiplient les interventions depuis la fin de l’été, l’Elysée a aussi fait le constat qu’une prise de parole présidentielle était devenue inévitable pour retrouver de la « puissance et de la solennité », glisse un conseiller.

Signe que l’heure est grave. Il faut remonter à la mi-juin pour retrouver une intervention présidentielle à une heure de grande écoute pour évoquer la crise sanitaire. L’heure était alors au retour à la normale après la première vague et un déconfinement jugé réussi. Mais pendant l’été, le relâchement a été général et l’épidémie est repartie.

La semaine dernière, lors d’une brève intervention à l’issue de sa visite dans les Alpes-Maritimes pour rencontrer les sinistrés des intempéries, Emmanuel Macron l’avait évoquée en quelques mots. « Nous ne sommes pas, et pour plusieurs mois nous ne serons pas dans un temps normal », avait-il alors déclaré. La lutte contre l’épidémie est une « course d’endurance qui va durer plusieurs mois », a rappelé lundi Jean Castex.

Embrouillamini des restrictions

L’Elysée promet des propos clairs et transparents quand les Français semblent perdus dans l’embrouillamini des restrictions. Dans certaines villes comme à Marseille , elles ont même donné lieu à une fronde des élus locaux. L’exécutif navigue en permanence entre la lutte contre l’épidémie et le soutien à la reprise économique , donnant l’impression de messages contradictoires. Lundi, à l’issue d’un comité interministériel consacré au tourisme, il a ainsi incité les Français à réserver leurs vacances de la Toussaint, qui débutent en fin de semaine.

Conséquence directe, l’inquiétude des Français progresse. Selon un sondage Elabe paru la semaine dernière, près de trois Français sur quatre (73 %) se déclarent inquiets face à la propagation de l’épidémie, un pourcentage en hausse de 4 points en une semaine. Ils restent minoritaires -35 % – à déclarer faire confiance à l’exécutif pour gérer l’épidémie, le niveau le plus faible depuis le début. Massivement, les Français soutiennent les nouvelles mesures de restriction mais la question de la confiance reste posée.

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