Coronavirus : L’opposition raille le cafouillage gouvernemental sur un éventuel couvre-feu à Paris – 20 Minutes

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Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal et le Premier ministre Jean Castex, le 28 juillet 2020 à l’Assemblée. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Couvre-feu ou pas couvre-feu ? L’opposition a vivement critiqué ce mardi le cafouillage autour d’un éventuel couvre-feu en Ile-de-France venant renforcer le confinement, d’abord annoncé par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal et immédiatement démenti par Matignon.

« Le préfet de police a évoqué cette mesure au regard de certaines situations observées en soirée à Paris », comme des regroupements devant des restaurants faisant de la livraison, mais cette mesure de couvre-feu n’est « pas décidée à ce stade », a assuré Matignon à l’AFP, en précisant qu’« une décision sera prise dans les prochains jours ».

Le couvre-feu a bien été évoqué en réunion

Un conseiller de l’exécutif a ensuite précisé que la mesure, proposée par la préfecture de police, avait été présentée lundi par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, lors d’une réunion à Matignon où elle a « recueilli une quasi-unanimité des ministres présents ». Mais Gabriel Attal « aurait dû mettre davantage de conditionnel, d’autant que les discussions avec (la maire de Paris) Anne Hidalgo et (la présidente de l’Ile-de-France) Valérie Pécresse n’avaient pas encore eu lieu », selon la même source.

Le porte-parole du gouvernement avait été catégorique sur BFMTV et RMC : « nous allons réinstaurer un couvre-feu sur Paris et peut-être en Ile-de-France (…), à 21 heures je crois », avait-il annoncé, en évoquant un arrêté à paraître « dans la journée ».

« Inacceptable », pour Valérie Pécresse

Ce rétropédalage a été aussitôt raillé, à droite comme à gauche. « Ouvert. Fermé. Ouvert. Fermé… Et si un seul Français ne comprend pas, c’est qu’il est irresponsable », a ironisé le numéro 3 des Républicains Aurélien Pradié sur Twitter. La présidente de la région Ile-de-France (ex-LR) Valérie Pécresse a, elle, fustigé un « manque de respect inacceptable vis-à-vis des collectivités locales » qui « n’a fait l’objet d’aucune concertation » en s’interrogeant : « Matignon dément… Jusqu’à quand ? »

A gauche aussi les réactions étaient vives. « Ça tient au fait que Gabriel Attal est porte-parole d’un gouvernement qui ne gouverne plus » (…) puisque les décisions sur la crise sanitaire « ne sont plus prises en Conseil des ministres mais dans le cadre du conseil de défense », a estimé sur BFM le député LFI Adrien Quatennens. « Ordres et contre ordres, propos martiaux et couacs, gestion à la petite semaine… Les Français méritent mieux ! Que fait le Premier ministre ? » a lancé sur Twitter le sénateur PS du Val d’Oise Rachid Temal.

La vente d’alcool au cœur des débats

Un couvre-feu « reste sur la table » et « on verra ce qui sort du conseil de défense » mercredi matin, assure le même conseiller de l’exécutif. « La question, c’est : faut-il fermer les supérettes et supermarchés après 21 h 00 », souligne-t-on à Matignon, au vu des regroupements par endroits pour l’achat d’alcool. Devant les députés LREM par visio, Jean Castex a plaidé qu’une « large partie de la solution repose sur nos comportements individuels ». « Il faut faire bloc. Tout le pays. Il faudrait qu’une sorte d’unité nationale prime », a-t-il ajouté.

Les critiques des oppositions ont été d’autant plus vives que cette mise au point est intervenue après une série d’ajustements sur la liste des magasins autorisés à ouvrir pendant le confinement qui avait été mal perçue.

« C’est comme pour les commerces, on n’y comprend plus rien. C’est Kafka au pouvoir », a affirmé le patron des députés LR Damien Abad, pour qui « soit vous avez un confinement dur comme en mars sans aucune activité possible, soit un confinement avec de l’activité possible mais pas un confinement injuste ». « On est là sur un ratage complet du gouvernement : aucune anticipation, des annonces floues et ambiguës et sans aucune concertation », a affirmé le président de LR Christian Jacob dans une interview aux Echos mardi.

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