Coronavirus : l’Espagne vers l’état d’urgence, durcissement des mesures en Italie… Les restrictions se multiplient en Europe – Le Monde

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A Milan, le 21 octobre.

La deuxième vague de l’épidémie due au coronavirus frappe durement le continent européen, entraînant des records de contamination dans plusieurs pays, qui ont annoncé un durcissement des restrictions. L’Espagne doit ainsi décréter, dimanche 25 octobre, un nouvel état d’alerte, ouvrant la voie à l’instauration d’un couvre-feu dans plusieurs régions. L’Italie a également annoncé dimanche plusieurs mesures fortes, dont la fermeture des cinémas et théâtres.

Sur l’ensemble du continent européen, le nombre des contaminations détectées s’approche des 8,7 millions et plus de 261 000 personnes sont mortes de cette maladie. Dont quelque 10 000 en Allemagne, un pays jusqu’ici relativement épargné mais désormais frappé de plein fouet par le rebond épidémique.

Dans le monde, la pandémie a fait au moins 1 151 077 morts depuis fin décembre, d’après un bilan établi par l’Agence France-Presse (AFP) dimanche, à partir de sources officielles recueillies auprès des autorités nationales compétentes et des informations de l’Organisation mondiale de la santé. Les Etats-Unis présentent les bilans les plus lourds, avec un total de 8 578 063 cas et 224 906 décès. Dans les Amériques, la Colombie (30 000 morts) est devenue le huitième pays à franchir officiellement le seuil du million de personnes déclarées positives, après les Etats-Unis, l’Inde, le Brésil, la Russie, l’Argentine, l’Espagne et la France. Le nombre de cas confirmés dépend cependant fortement de la politique de dépistage pratiquée dans chaque pays.

  • Vers une fermeture des cinémas en Italie

Manifestations hostiles au couvre-feu à Rome, samedi 24 octobre.

L’Italie va adopter de nouvelles restrictions, dont la fermeture des cinémas et théâtres, après la publication de chiffres record de nouvelles contaminations, ont annoncé les services du premier ministre, Giuseppe Conte.

Cinémas, théâtres, salles de gym et piscines vont devoir fermer, tandis que bars et restaurants devront cesser de servir après 18 heures, selon ces mesures, adoptées en dépit des protestations publiques qui ont éclaté ces derniers jours, notamment à Rome. Les écoles et les maternelles resteront cependant ouvertes, alors que 75 % des classes dans les lycées et les universités se tiendront en ligne. La population a été appelée à éviter le plus possible les transports en commun et les déplacements hors des communautés.

Trois régions ont déjà adopté ces derniers jours un couvre-feu : celles de Rome (Latium), Milan (Lombardie) et Naples (Campanie). Au moins deux autres régions, le Piémont et la Sicile, leur emboîteront le pas dans la semaine.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des dizaines de manifestants d’extrême droite protestant contre le couvre-feu ont affronté les forces de l’ordre antiémeutes dans le centre historique de la capitale. Sept protestataires ont été interpellés, et deux policiers ont été blessés, selon le quotidien La Repubblica. A Naples, des incidents avaient déjà éclaté la nuit précédente, lorsque des jeunes s’opposant au couvre-feu avaient affronté les forces de l’ordre, en brandissant également des pancartes réclamant des compensations financières.

  • L’Espagne va décréter l’état d’alerte

Le gouvernement de Pedro Sanchez doit décréter dimanche matin un nouvel état d’alerte, autorisant les restrictions, le deuxième dans le pays après celui proclamé en mars, et qui avait duré jusqu’en juin. Samedi soir, au moins neuf régions espagnoles avaient demandé au gouvernement central de proclamer l’état d’alerte, sachant que certaines zones géographiques ont déjà pris les devants avec des restrictions locales, comme Madrid, la Castille-et-Leon (nord), la région de Valence (est) et la ville de Grenade (sud).

M. Sanchez avait préparé le terrain vendredi en assurant que la situation était « grave », que « les prochaines semaines et les prochains mois » seraient durs, très durs et qu’il était « prêt à adopter toutes les mesures nécessaires » pour freiner l’épidémie. Deux jours plus tôt, l’Espagne était devenue le premier pays de l’Union européenne et le sixième au monde à dépasser le million de cas de Covid-19, le chef du gouvernement ayant même révélé vendredi que le nombre réel de personnes infectées par le coronavirus en Espagne était en fait supérieur à 3 millions. Le nombre de décès est proche de 35 000.

  • Bruxelles durcit les mesures nationales

En Belgique, les autorités bruxelloises ont décidé d’avancer à 22 heures le couvre-feu imposé dans le pays, et ont ordonné la fermeture des magasins à 20 heures ainsi que l’interdiction des activités culturelles et sportives à partir de lundi. Ce nouveau tour de vis va au-delà des décisions prises vendredi par le gouvernement pour l’ensemble du royaume et suit les mesures annoncées par les autorités de la Wallonie, particulièrement touchée par la pandémie.

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  • Nouvelles mesures dans l’est de l’Europe

Plusieurs pays de l’Est, où la situation se dégrade, ont imposé samedi de nouvelles mesures, à l’image de la Pologne, dont l’intégralité du territoire est désormais en « zone rouge », synonyme de nombreuses restrictions. En Slovaquie voisine, un couvre-feu nocturne est entré en vigueur samedi – il sera maintenu jusqu’au 1er novembre. Et en République tchèque, un autre pays limitrophe, où le taux de contamination et de décès est le pire d’Europe sur les deux dernières semaines, un confinement partiel est déjà instauré jusqu’au 3 novembre.

Un confinement partiel s’applique aussi depuis samedi en Slovénie, dont le ministre des affaires étrangères, Anze Logar, a été testé positif, après avoir bouclé une tournée dans les pays baltes. Ses trois homologues dans ces Etats, qui l’avaient rencontré, ainsi que la chef de l’opposition biélorusse, Svetlana Tsikhanovskaïa, se sont placés samedi en quarantaine. Deux autres personnalités politiques d’Europe de l’Est ont annoncé leur infection, le président polonais, Andrzej Duda, et le maire de Kiev, l’ancien boxeur Vitali Klitschko.

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Le Monde avec AFP

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