Coronavirus. Les salariés des abattoirs s’inquiètent – Ouest-France

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Alors que 69 personnes travaillant à l’abattoir de Kermené dans les Côtes-d’Armor, ont été testées positives au Covid-19, les salariés et représentants syndicaux de la filière font part de leurs inquiétudes.

Une campagne de dépistage complémentaire au Covid-19 est prévue, ce mardi 19 mai 2020, au sein des abattoirs bretons Kermené (photo d’illustration).
Une campagne de dépistage complémentaire au Covid-19 est prévue, ce mardi 19 mai 2020, au sein des abattoirs bretons Kermené (photo d’illustration). | PHILIPPE RENAULT, ARCHIVES OUEST-FRANCE

  • Une campagne de dépistage complémentaire au Covid-19 est prévue, ce mardi 19 mai 2020, au sein des abattoirs bretons Kermené (photo d’illustration).
    Une campagne de dépistage complémentaire au Covid-19 est prévue, ce mardi 19 mai 2020, au sein des abattoirs bretons Kermené (photo d’illustration). | PHILIPPE RENAULT, ARCHIVES OUEST-FRANCE

L’Agence régionale de santé (ARS) Bretagne a annoncé, dimanche 17 mai 2020, que le nombre de personnes positives au Covid-19 au sein de l’abattoir de Kermené dans les Côtes-d’Armor, filiale du groupe Leclerc, atteignait désormais 69 cas. Ces personnes sont isolées à leur domicile et suivies. Après un premier malade, dépisté mercredi, puis cinq autres cas confirmés, une campagne de dépistage massif de 209 membres du personnel a abouti à la détection de 63 cas supplémentaires.

Une campagne de dépistage complémentaire est prévue ce mardi 19 mai. Kermené compte six sites en Bretagne, avec 2 700 salariés, pour un chiffre d’affaires de 9,3 milliards d’euros. Direction et représentants syndicaux de Kermené n’ont pas répondu à nos appels.

La biosécurité, on connaît

Dans l’agroalimentaire, la biosécurité on connaît depuis des lustres. Se laver les mains plusieurs par jour, travailler avec des gants, des masques, des charlottes, c’est obligatoire chaque jour. Et pourtant, c’est arrivé…  Je ne comprends pas…  Stéphane Douchain, délégué CFDT de l’abattoir Tradival d’Orléans (Loiret), reste sidéré.

Son usine est fermée depuis ce lundi : 34 salariés dépistés positifs au Covid-19 sur 400. Prise de température systématique à l’entrée du personnel,  tout a été désinfecté en permanence, tout a été mis en œuvre , lavages des mains répétés, masques obligatoires, prises de distance, gel hydroalcoolique, etc.  Je ne comprends vraiment pas… 

La piste des tâcherons

Michel Le Goff, lui, n’est  pas surpris . À l’abattoir Bigard de Quimperlé (Finistère),  Cinq cas avérés avant le 11 mai , constate ce délégué CGT.  La CGT l’a réclamé, mais il n’y a eu depuis aucun dépistage systématique… » puisque c’était avant le 11 mai. La production s’est poursuivie de plus belle pendant le confinement.  Il fallait s’y attendre : on a mis du temps pour avoir les masques. Et puis, avec nos conditions de travail, la proximité est souvent indispensable. Et les masques deviennent très vite humides dans cette atmosphère… 

Michel Le Botte, délégué CFDT de l’agroalimentaire Bretagne, approuve :  L’industrie agroalimentaire a tourné à fond pendant le confinement, de quoi, forcément, multiplier les risques.  Mais Michel avance une autre hypothèse :  Bon nombre d’abattoirs font appel aux tâcherons, qui travaillent au volume ou à la journée. C’est d’ailleurs le cas à Kermené. Ont-ils eu le même niveau de formation à la sécurité ? 

Nadine Hourmant, responsable FO de France Poultry (ex-Doux) à l’abattoir de Châteaulin (Finistère), partage cette hypothèse.  On a beaucoup de travailleurs détachés qui vivent souvent en collectif, de façon précaire.  Par ailleurs, son entreprise a présenté cinq cas positifs (sur 400 salariés).  Mais la situation est plutôt très bien maîtrisée. Dans l’agroalimentaire, on sait faire : on a réagi très vite, avec des distances, des vestiaires désinfectés, des horaires décalés, etc. 

Pas de relâchement

Le grand patron d’un autre gros abattoir du centre Bretagne reste  inquiet et très prudent . Pas de cas dépisté dans son groupe,  pour le moment . Mais avec le déconfinement, la reprise générale de l’activité, il redoute que l’épidémie reparte de plus belle.  Plus que jamais, un protocole très strict de sécurité restera nécessaire… 

Même prudence inquiète pour Fabien Guimbretière, secrétaire général national CFDT de l’agroalimentaire.  J’espère qu’il n’aura pas de relâchement avec le déconfinement.  Oui, pour lui aussi, la piste des tâcherons et intérimaires très précaires sera à examiner.  De même que les conditions de travail : le froid, l’humidité ventilée dans les abattoirs seraient une piste ? Aux autorités de santé d’enquêter. 

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