Coronavirus : Les principaux points de la conférence de presse d’Olivier Véran – 20 Minutes

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Conférence de presse d’Olivier Véran et Arnaud Fontanet le 1er octobre 2020 à Paris. — LUDOVIC MARIN / AFP

Pas de nouvelles mesures fortes mais une sévère mise en garde. Le ministre de la Santé Oliver Véran  a tenu ce jeudi soir un point presse sur la situation sanitaire en compagnie du professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’institut Pasteur et membre du conseil scientifique.

Au menu : beaucoup de courbes et de cartes pour une conférence de presse  qui se voulait ultra-pédagogique en direct d’un amphithéâtre de l’hôpital Bichat à Paris. Objectif : faire comprendre aux Français la gravité de la situation et l’urgence à adopter des mesures de protection pour éviter un nouvel emballement de l’épidémie de coronavirus.

Des indicateurs préoccupants

A grand renfort de graphiques, le ministre a rappelé que les principaux signaux de l’épidémie se maintiennent à un niveau inquiétant. Plus de 1.200 personnes atteintes du Covid-19 sont actuellement en réanimation en France, dont 135 supplémentaires sur les dernières 24 heures, selon les chiffres de Santé publique France mercredi.
Certes, le niveau est très inférieur à ceux atteints lors du pic de l’épidémie (7.000 malades en réa début avril), mais il progresse rapidement – on comptait moins de 500 cas en réanimation début septembre. Avec 12.845 nouveaux cas de Covid-19 confirmés en 24 heures, le taux de positivité des tests atteint 7,6 % contre 4 % début septembre.

« Le virus circule et il circule vite », a répété à plusieurs reprises Olivier Véran qui a rappelé que « là où le nombre de malades doublait tous les trois jours, aujourd’hui, le nombre de malades double tous les 15 jours » et que les territoires où le virus circule peu sont très peu nombreux dans le pays.

Le ministre a donc incité les Français à respecter au maximum les gestes barrières, à porter le masque et restreindre leur vie sociale. Objectif : limiter la circulation du virus pour éviter à tout prix un engorgement des hôpitaux et des services de réanimation alors que les personnels soignants « héros de la première vague », sont trop épuisés et en nombre insuffisant pour affronter une crise similaire.

« Vos efforts doivent payer et vos efforts paieront »

Le ministre a toutefois rappelé qu’il faudrait être patient et ne pas se décourager car les premiers effets de ces efforts ne feraient sentir que dans une quinzaine de jours. « Vos efforts ils doivent payer et vos efforts paieront », a expliqué Olivier Véran.

Il a à ce titre évoqué un début d’amélioration dans certaines villes, où l’« on commence à constater un frémissement, un début d’embellie sur le plan sanitaire, certes timide ». Il a cité « Bordeaux, Nice et même Marseille, même si, je le dis tout de suite, les niveaux de circulation du virus y restent très élevés, trop élevés, et que les risques sanitaires et de surcharge hospitalière sont encore bien trop importants ». « C’est un encouragement à poursuivre, c’est un encouragement à tenir », a-t-il estimé.

Lundi couperet pour la capitale et sa petite couronne

La capitale et sa proche banlieue ont « franchi les trois seuils qui peuvent correspondre à la zone d’alerte maximale », a affirmé Olivier Véran, en précisant que ces seuils avaient été franchis « depuis quelques heures ». « Si ça devait se confirmer nous n’aurions pas d’autre choix que de placer Paris et la petite couronne en alerte maximale  et ce dès lundi », a ajouté le ministre en indiquant que « nous réexaminerons les données dimanche ».

Un tel classement « supposera que les habitants de Paris et de la petite couronne réduisent temporairement leurs interactions sociales de manière drastique, en tout cas plus importante que ce qu’ils font déjà : plus de fêtes de famille, plus de soirées, fermeture totale des bars », a-t-il rappelé.

Le ministre a également relevé une « dégradation » de la situation dans « cinq métropoles, Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse et Saint-Etienne », où « l’évolution des derniers jours reste très préoccupante ». Si les mesures (de restrictions déjà prises) ne produisent pas suffisamment d’effet, nous pourrions être conduits à les placer en zone d’alerte maximale la semaine prochaine », a-t-il prévenu mais, selon lui, il « n’y a pas lieu, à date, de basculer ces métropoles en zone d’alerte maximale ».

Une amélioration de la situation pour les tests

« Nous sommes le pays qui teste le plus au monde », affirme Olivier Véran, avec plus d’un million de tests réalisés par semaine. Le ministre a une nouvelle fois salué la pertinence de la politique massive de tests mise en place par le gouvernement en soulignant que plus de 60 % des tests positifs sont asymptomatiques.

Selon le ministre, « si des délais restent longs dans certaines zones, 75 % des tests sont rendus en moins de 48 heures », selon les chiffres de la Drees. « Je ne suis pas en train de vous dire du tout qu’il n’y a pas des situations où les gens attendent, font la queue ou ont leurs résultats trop tard. Ce que je veux vous dire c’est que nous mettons tout en œuvre pour résoudre les situations qui persistent le plus vite possible mais que la situation s’est améliorée », a-t-il déclaré.

Concertation autour d’un nouveau protocole dans les restaurants

Après des échanges avec les représentants du secteur de la restauration et les maires de plusieurs grandes métropoles, « le gouvernement va dans les prochains jours examiner les propositions qui lui sont faites et étudier les règles éventuelles qui pourraient permettre aux restaurants y compris dans les zones en alerte maximale de rester en tout ou partie ouverts mais avec des règles sanitaires renforcées pour permettre de limiter au maximum les risques de contamination », a indiqué Olivier Véran.

« Ces nouvelles règles, si elles nous semblent suffisamment robustes, protectrices, contrôlables seront alors soumises au Haut conseil de santé publique. Et si elles étaient validées, elles pourraient alors s’appliquer dans tous les territoires en alerte maximale, y compris Aix Marseille La Guadeloupe de même qu’à paris », a précisé le ministre de la Santé.

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