Coronavirus : les dernières nouvelles de la grande course au vaccin – Les Échos

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La polémique suscitée par les déclarations de Sanofi serait-elle l’arbre qui cache la forêt ? Sanofi n’est pas la seule major pharmaceutique à s’être associée avec le ministère américain de la Santé via l’Autorité pour la R & D avancée dans le domaine biomédical (Barda) pour développer au plus vite un candidat-vaccin contre le Covid-19.

Johnson & Johnson a aussi annoncé fin mars avoir co-investi avec la Barda plus d’un milliard de dollars dans ce but, après avoir initié dès janvier des études pour positionner sa technologie vaccinale Advac, déjà éprouvée avec succès contre Ebola, sur le nouveau coronavirus. J & J ambitionne de démarrer ses essais cliniques de phase I en septembre prochain afin d’être en mesure de fournir ses premiers lots de vaccin Covid-19 dès le début de 2021.

Les investissements massifs réalisés, conjointement avec la Barda, par des firmes comme Sanofi ou J & J, permettent de raccourcir considérablement les délais de mise au point d’un nouveau vaccin, processus prenant habituellement de 5 à 7 ans. Une accélération qui, in fine, profitera à tout le monde.

Course sans précédent

La Big Pharma n’est pas la seule à avoir ainsi puissamment accéléré le rythme pour tenter d’endiguer la pandémie. Qu’ils soient publics ou privés, plus d’une centaine de laboratoires de toute taille sont engagés dans cette course sans précédent. Fin avril, la très réputée London School of Hygiene & Tropical Medicine indiquait avoir dénombré près de 120 projets de vaccins anti-Covid-19 .

Tous n’en sont pas au même point. Seuls huit (quatre en Chine, un en Grande-Bretagne, un en Allemagne, deux aux Etats-Unis), sont déjà parvenus au stade des essais cliniques. De ces huit, un seul a dépassé l’étape des essais de phase I (visant principalement à tester l’innocuité du candidat-vaccin) et engagé des essais de phase II (conduits à une plus large échelle et ayant prioritairement pour but d’évaluer son efficacité).

Différentes plateformes

Ces projets se distinguent les uns des autres par le choix de la technologie (ou « plateforme ») vaccinale utilisée. Tout vaccin consiste à acheminer (ou synthétiser) l’antigène microbien (de nature virale ou bactérienne) à l’intérieur des cellules et, ce faisant, y induire une réponse immunitaire protectrice sous forme d’anticorps. Mais pour acheminer cet antigène, plusieurs vecteurs sont possibles.

Le seul projet à en être aujourd’hui au stade des essais de phase II, celui de la biotech hongkongaise CanSino associée à l’Académie des sciences médicales militaires chinoise, utilise comme vecteur un adénovirus, ce qui est aussi le choix de Johnson & Johnson avec Advac.

En France, l’Institut Pasteur, qui n’en est pas encore au stade des essais cliniques (ceux de phase I débuteront en juillet prochain), a choisi de miser sur un autre type de vecteur vaccinal, mieux maîtrisé donc moins risqué : le virus atténué de la rougeole. « C’est l’aspirine du vaccin, celui pour lequel on dispose du plus grand recul tant en termes de sûreté et d’efficacité que d’industrialisation », expliquait récemment aux « Echos » le chercheur du CNRS Frédéric Tangy, qui travaille dans les rangs des « pasteuriens ».

A coups de milliards

Quant à la plateforme vaccinale de la biotech américaine Moderna, elle aussi dans le peloton de tête de cette course au vaccin, elle est radicalement différente et nettement plus expérimentale. Son candidat, pour lequel les essais cliniques de phase I ont démarré à Seattle dès la mi-mars, s’appelle mRNA-1273. L’appellation mRNA signifie que cette technologie est basée sur l’ARN messager. Contenant les instructions nécessaires pour synthétiser l’antigène, cet ARN messager est génétiquement modifié (sans quoi il se dégraderait tout de suite) et encapsulé dans une nanoparticule lipidique.

Il est raisonnable de penser que, d’ici à un an, l’un au moins de ces candidats aura débouché sur le prophylactique tant attendu. Mais une chose est sûre : cette course se gagnera bien à coup de milliards de dollars ou d’euros, qu’ils proviennent de la Big Pharma, de la Barda américaine ou de la Commission européenne.

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