Coronavirus : les admissions en réanimation augmentent « de manière exponentielle » – Les Échos

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Publié le 25 sept. 2020 à 18:06Mis à jour le 25 sept. 2020 à 19:09

Voilà ce qu’il savait et que nous ne savions pas encore. Mercredi soir, le ministre de la Santé a surpris les Français en annonçant des mesures radicales pour lutter contre l’épidémie de coronavirus . Ces restrictions n’ont pourtant rien de superflu au vu du baromètre hebdomadaire de l’épidémie, publié jeudi soir par Santé publique France. « Les admissions en réanimation augmentent désormais de manière exponentielle », écrit l’agence. De plus, les outils servant à traquer le virus « ne décrivent plus qu’imparfaitement la dynamique de l’épidémie sur le territoire ».

Le premier de ces outils, c’est le dépistage. Olivier Véran l’a reconnu lui-même jeudi lors d’une audition devant le Sénat, cela bouchonne. Trop de monde se bouscule pour être testé depuis qu’il est possible de le faire sans prescription médicale. Et la priorisation des tests imposée aux laboratoires depuis quelques semaines n’est plus la solution, car il y a désormais trop de publics « prioritaires » (symptomatiques, cas contacts et soignants).

Cela menace tout l’édifice « tester-tracer-isoler » : « L’allongement des délais de diagnostic pourrait se traduire par des mesures de contact tracing moins performantes du fait du retard à l’identification des cas et de leurs contacts et à la mise en place des mesures d’isolement et de quarantaine », écrit Santé publique France.

L’autre bras armé de la traque du virus, c’est la chasse aux clusters, pilotée par les Agences régionales de santé. Or là aussi, « du fait de l’augmentation de la circulation virale sur l’ensemble du territoire, le nombre de clusters identifié est probablement largement sous-estimé », pointe Santé publique France. Les signalements hebdomadaires « ne constituent donc plus un indicateur pertinent de suivi de la dynamique de l’épidémie ».

« Oscour » et « Sivic » à la rescousse

L’affaire est si sérieuse que l’agence a décidé de changer d’outils pour mesurer la progression de l’épidémie. Il s’agit du facteur de reproduction du virus « R », qui indique combien de personnes sont en moyenne contaminées par chaque individu infecté. Le R de mars était de 3, aujourd’hui il est légèrement au-dessus de 1, ce qui signifie que l’épidémie croît. Jusqu’à présent, Santé publique France calculait ce facteur de reproduction effectif à partir des données du dépistage. Désormais, elle propose deux nouveaux « R » qui « sont ceux à suivre en priorité ces prochaines semaines ». Le premier est construit à partir des données de passages aux urgences (« Reff Oscour ») et le deuxième à partir des données d’admission à l’hôpital (« Reff Sivic »).

Le verdict n’est plus le même. Le dépistage donne un R à 1,06, tandis que Reff Oscour s’affiche à 1,25 et Reff Sivic à 1,28. C’est le reflet du grand écart observé sur le terrain dans le comptage des malades et des cas suspicieux. Durant la semaine du 14 au 20 septembre, le nombre de nouveaux cas confirmés par un test n’a crû « que » de 8 %, après plusieurs semaines de croissance à deux chiffres. En revanche, les passages aux urgences ont grimpé de 21 %, et les hospitalisations de 34 %, avec 3.657 arrivées en sept jours.

Le bond de 40 % des réanimations

Et s’il y a une chose qui ne trompe pas, c’est la file des malades qui arrivent à l’hôpital ou en réanimation, en général une quinzaine de jours après avoir été infectés. Le temps de doublement du nombre d’hospitalisations n’est plus que de 24 jours, contre 33 jours la semaine précédente. Pis, avec 600 entrées, les admissions en soins critiques ont bondi de 40 % en sept jours. Le « plan blanc » a été déclenché dans plusieurs régions, et les hôpitaux de l’Assistance publique à Paris ont commencé à déprogrammer certaines interventions , de façon préventive.

Les taux d’admission en réanimation les plus élevés de métropole sont observés en Provence-Alpes-Côte d’Azur (1,94 pour 100.000 habitants) , en Ile-de-France (1,52), en Auvergne-Rhône-Alpes (1,20) et en Occitanie (1,03). Le score est dramatiquement élevé en Guadeloupe (5,84).

Enfin, le nombre de décès à l’hôpital a retrouvé les niveaux du mois de mai, avec 252 victimes en une semaine.

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