Coronavirus : l’économie chinoise est à l’arrêt – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Dans un centre commercial déserté, à Pékin, samedi 1er février.

A chaque jour qui passe, l’inquiétude augmente. Alors que le bilan de l’épidémie du coronavirus, avec au moins 20 438 personnes contaminées en Chine continentale et 425 décès, a dépassé celui du SRAS en 2002 et 2003, les fermetures d’usines et les mesures de confinement paralysent un peu plus la deuxième économie de la planète au risque de ralentir la croissance mondiale. La Bourse de Shanghaï était sur le point de clôturer en légère hausse mardi 4 février, après avoir dévissé de 7,7 % la veille malgré l’annonce par la banque centrale chinoise d’injecter 157 milliards d’euros de liquidités. Le cabinet Oxford Economics a abaissé lundi sa prévision de croissance chinoise à 4 % au premier trimestre 2020, contre 6 % prévus initialement. Il table désormais sur une croissance à 5,4 % pour l’ensemble de l’année 2020, loin des 6,1 % enregistrés en 2019.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Diagnostic, vaccin, évolution… où en est la recherche sur le coronavirus ?

L’impact sur l’économie, qui dépend du rythme de propagation du virus et de son traitement, est toutefois difficile à prévoir. Pour l’instant, vingt-quatre provinces chinoises ont décidé d’allonger les congés du Nouvel An jusqu’au 9 février inclus. Ensemble, elles représentent 80 % du PIB chinois et 90 % des exportations du pays.

De nombreux chefs d’entreprise redoutent la faillite. Jia Guolong, patron de Xibei, une chaîne qui compte 400 restaurants en Chine, a alerté dans la presse chinoise : si la crise dure, il pourrait mettre la clé sous la porte d’ici trois mois. L’entreprise emploie 20 000 salariés dans 60 villes de Chine. Avec 150 millions de yuans de dépenses par mois et aucune recette ou presque, les rares enseignes ouvertes ne proposent que des plats à emporter, le groupe ne peut tenir longtemps.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Dans la crise du coronavirus, Taïwan ne veut pas être assimilée à la Chine

Sur Weibo, Sun Dawu, patron d’un des principaux groupes agricoles de Chine, déjà durement frappé par la crise porcine en 2019, accuse, lui aussi, le coup : « Les blocages des routes et des villes dans tout le pays déstabilisent l’industrie de l’élevage. » Sa société qui produit des œufs, des poussins et des plats cuisinés ne peut pas les livrer à cause des barrages routiers. « Si les poussins ne sont pas livrés aux fermes à temps, après l’éclosion, la plupart vont mourir de faim. Et un grand nombre de poulets vont aussi devoir être tués et cela va affecter la production », s’alarme-t-il.

« Le secteur des services sera le plus impacté »

Dans le Henan, Chu Weixiang, propriétaire d’un petit élevage de pigeons, pourra continuer à les alimenter grâce à la production de grain locale, mais ne peut plus vendre. « Les marchés sont fermés, les routes bloquées, et j’ai peur que les marchés aux volailles restent fermés plus longtemps [l’épidémie a été associée aux animaux vivants], s’inquiète l’éleveur, et quand ça rouvrira, les prix seront au plus bas. »

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *