Coronavirus : le laboratoire britannique AstraZeneca fait une pause dans son test de vaccin – Le Monde

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Des chercheurs du laboratoire pharmaceutique AstraZeneca travaillent sur un vaccin contre le coronavirus, à Garin (Argentine), le 14 août.

Donald Trump rêve d’un vaccin contre le Covid-19 qui lui sauverait la mise avant l’élection présidentielle américaine du 3 novembre. Le chemin s’annonce délicat : le laboratoire britannique AstraZeneca a annoncé, mardi 8 septembre dans la soirée, la suspension de l’essai clinique de phase 3 sur son vaccin développé conjointement avec l’université d’Oxford, en raison de la réaction négative d’un de ses patients au Royaume-Uni.

« Nous avons déclenché une pause dans la vaccination dans le cadre de notre processus pour permettre l’examen des données de sécurité », a déclaré au Financial Times un porte-parole d’AstraZeneca. « Il s’agit d’un contrôle de routine qui doit se produire chaque fois qu’il existe une affection potentiellement inexpliquée dans l’un des essais afin de garantir le maintien de l’intégrité de nos essais. » Les données seront revues par un comité indépendant. La pause affecte un test lancé auprès de 30 000 personnes aux Etats-Unis fin août avec des financements fédéraux.

L’annonce, qui a provoqué une chute de l’action AstraZeneca dans les échanges officieux après la clôture de Wall Street, intervient alors que les patrons de neuf groupes pharmaceutiques, dont AstraZeneca, avaient mis en garde Donald Trump, sans le citer, contre une autorisation précipitée d’un vaccin. Dans leur communiqué, ils avaient réaffirmé leur « engagement à développer et tester des vaccins potentiels contre le Covid-19 avec des normes éthiques élevées et de principes scientifiques solides ». Les laboratoires précisent notamment qu’ils ne demanderont « une autorisation d’utilisation d’urgence d’un vaccin qu’après avoir démontré son innocuité et son efficacité via une étude clinique de phase 3 ».

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Course contre la montre politique

En cause, la course contre la montre politique qui s’est substituée à la course contre la montre médicale. « Nous allons avoir le vaccin très rapidement, peut-être avant une certaine date. Vous savez de quelle date je veux parler », a déclaré M. Trump, lundi 7 septembre, tandis que ses équipes de campagne, citées par le New York Times estiment qu’un vaccin avant l’élection serait le « Saint Graal ». Parmi les neufs signataires (AstraZeneca, BioNTech, GlaxoSmithKline, Johnson & Johnson, Merck, Moderna, Novavax, Pfizer et Sanofi), trois étaient en phase 3 d’essais clinique (Moderna, Pfizer en association avec BioNTech, et AstraZeneca). Si le patron de Pfizer a estimé qu’il pourrait avoir des résultats dès octobre, Moderna a évoqué la fin de l’année tandis que l’annonce du contretemps par AstraZeneca montre que rien n’est acquis.

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