Coronavirus : le Grand Est accueille en réanimation à Nancy et Strasbourg dix patients de la région Auvergne R – France 3 Régions

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Le CHRU de Nancy et les hôpitaux de Strasbourg accueillent respectivement six et quatre patients en provenance de la région Auvergne Rhône-Alpes, ce jeudi 05 novembre. Une opération destinée à soulager les soignants et les infrastructures très sollicités en AURA.

Comme au printemps, la solidarité entre soignants et infrastructures hospitalières est de nouveau à l’ordre du jour cet automne dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus-covid19. Et c’est le Grand Est qui cette fois est sollicité pour accueillir des malades en réanimation.
Ce jeudi 05 novembre 2020, à la demande du ministère de la Santé et des solidarités, l’agence régionale de santé (ARS) Grand Est accompagne la région Auvergne Rhône-Alpes (AURA)  en accueillant 10 patients en provenance d’établissements de cette région. Les établissements de santé d’AURA sont actuellement en difficulté face à l’afflux de malades et comptent sur la solidarité nationale, “primordiale pour apporter le soutien nécessaire pour faire face à l’épidémie de Covid-19“.

Solidarité nationale

Le Grand Est a réparti ces dix malades en réanimation sur la Lorraine et l’Alsace :

  • 6 patients au CHRU de Nancy
  • 4 patients à Strasbourg

Dans un communiqué, l’ARS Grand Est précise que notre région, “malgré une situation préoccupante, fait preuve de solidarité nationale, comme l’avaient fait les autres régions et partenaires Européens lors de la première vague en accueillant 330 patients en provenance de nos établissements de santé. (…) L’ARS Grand Est anticipe l’impact de l’épidémie sur le système de santé et les établissements s’inscrivent d’ores-et-déjà dans une organisation territoriale coordonnée qui doit leur permettre de faire face aux conséquences de la seconde vague en maintenant les filières prioritaires.”
 

Au printemps 2020, nous avons envoyé 13 patients Covid-19 du CHRU de Nancy vers l’Aquitaine, région moins impactée à ce moment-là.

Pr Christian Rabaud, infectiologue et président de la commission médicale d’établissement du CHRU de Nancy

Selon l’épidémiologiste Christian Rabaud, président de la commission médicale d’établissement du CHRU de Nancy, il y a trois raisons principales à cette décision d’accueillir des patients Covid-19 au sein de l’établissement : “Premièrement, c’est la saturation des hôpitaux en Auvergne Rhône-Alpes, à Saint-Étienne en particulier, mais aussi à Lyon, à Clermont-Ferrand qui rend difficile la prise en charge de leurs patients. Deuxièmement, la carte de France de la situation sanitaire montre que la région Grand-Est est beaucoup moins confrontée à une saturation. Enfin, au printemps 2020, nous avons envoyé 13 patients Covid-19 du CHRU de Nancy vers l’Aquitaine, région moins impactée à ce moment-là”.
 

Il faut faire le choix difficile, mais nécessaire, de déprogrammer un patient nancéien qui peut attendre son opération, plutôt de que laisser mourir un Lyonnais.

Pr Christian Rabaud, infectiologue et président de la commission médicale d’établissement du CHRU de Nancy

Une situation sous maîtrise pour le moment, mais qui nécessite de faire des choix parfois difficiles. “On a le matériel pour soigner et opérer les patients, mais pas les ressources. On doit mobiliser le personnel pour s’occuper des patients Covid-19 et déprogrammer d’autres opérations”, explique le Pr Rabaud. À ce sujet, l’infectiologue ajoute : “Il faut faire le choix difficile, mais nécessaire, de déprogrammer un patient nancéien qui peut attendre son opération, plutôt de que laisser mourir un Lyonnais. Évidemment ce n’est pas facile, il n’est jamais agréable de devoir bousculer les opérations des patients. Mais les gens comprennent, on n’a pas le choix, la crise sanitaire touche tout le monde”

Aujourd’hui, 27 patients sont en réanimation au CHRU de Nancy, sur les 105 patients malades du Covid-19 soignés à l’hôpital. Il y a actuellement entre 75 et 80 lits ouverts en réanimation, contre 160 lors de la première vague (800 pour la région Grand-Est au printemps 2020).

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