Coronavirus : le conseil scientifique favorable à un raccourcissement de la quatorzaine – Le Monde

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Olivier Véran, ministre de la santé, participe à une conférence de presse à propos de la reprise de l’épidémie de Covid-19 en France, à l’hôtel Matignon, à Paris, jeudi 27 août.

Faut-il réduire la quatorzaine, cette période de deux semaines d’isolement préconisée aux personnes testées positives pour limiter la transmission du Covid-19 ? Le conseil scientifique y est favorable. Ses membres ont rendu un avis qui préconise de raccourcir à sept jours la durée d’isolement des personnes testées positives au nouveau coronavirus et des cas contacts, a déclaré sur France Inter, mardi 8 septembre, le ministre de la santé, Olivier Véran.

Fort de cet avis, le gouvernement prendra sa décision « vendredi en cours d’un conseil de défense », ce qui « va nous donner un peu de temps pour solliciter d’autres experts pour la mise en place » de cette mesure, a ajouté le ministre.

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Cette période d’isolement raccourcie favorisera « une meilleure adhésion » car « on constate qu’un grand nombre de Français ne respecte pas la quatorzaine », a poursuivi M. Véran, assurant que cette décision n’était pas motivée par « des raisons de priorisation économique ».

« On est davantage contagieux dans les cinq premiers jours ou qui suivent les symptômes ou qui suivent la positivité d’un test. Et ensuite, cette contagiosité diminue de façon très importante, et au-delà d’une semaine, elle demeure, mais elle est très faible. »

Interrogé sur le risque de laisser une minorité de patients contagieux non isolés, le ministre a assuré qu’il n’y avait « quasiment pas de différence » entre une situation avec 5 % de personnes « potentiellement contagieuses » au-delà de cinq jours et « encore 2 % à 4 % des gens qui peuvent être contagieux » après quatorze jours.

Vers de nouvelles mesures dans les Bouches-du-Rhône

Le conseil de défense se penchera aussi sur d’éventuelles nouvelles mesures dans les Bouches-du-Rhône, qui connaît le taux de nouveaux cas le plus élevé de France. « A Marseille il y a un sujet de sensibilité particulière, (…) et donc il faut pouvoir prendre toutes les bonnes mesures, c’est l’objet du conseil de défense notamment », a prévenu l’ancien neurologue. Cela pourrait passer par davantage d’encadrement des rassemblements, comme cela avait été le cas en Mayenne, avec l’obligation de déclarer auprès de la préfecture tous les rassemblements de plus de dix personnes.

En Ile-de-France, où la circulation du virus reste « active » et la stratégie de dépistage entraine de sévères dysfonctionnements, des tests rapides, dits tests antigéniques, seront par ailleurs déployés dès cette semaine, a assuré M. Véran. « On a quinze, vingt minutes à attendre et on a le résultat (…). On devrait démarrer à partir de mercredi à l’AP-HP [Assistance publique-Hôpitaux de Paris] », a-t-il promis. Si les objectifs sur le nombre de tests sont atteints (1 million sont désormais réalisés chaque semaine), les délais aussi bien pour procéder aux prélèvements que pour obtenir les résultats se sont substantiellement allongés et l’efficacité de l’ensemble du dispositif s’en trouve affaiblie.

Comme le test de référence actuel, le RT-PCR, les tests antigéniques sont réalisés à partir de prélèvements dans les narines, par écouvillon. Mais alors que le RT-PCR nécessite une analyse lourde en laboratoire pour détecter le matériel génétique du coronavirus, le test antigénique repère des protéines du virus en quelques minutes.

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« Priorisation »

Concernant les tests de dépistage sur prélèvement salivaire, le ministre a dit attendre « de façon imminente des résultats d’expérimentations qu’on a menées ». « Dans les tout prochains jours, je devrais avoir des éléments qui permettront de répondre déjà par “oui” ou “non” » à la question de la fiabilité de ces tests, a-t-il précisé.

Le ministre a par ailleurs souligné l’importance de la « priorisation » des patients pour réaliser les tests de dépistage. Alors qu’un million de tests par semaine sont désormais réalisés en France, « on ne peut pas davantage augmenter, en tout cas pas massivement, le nombre de tests, donc c’est sur la priorisation qu’il faut travailler » pour réduire les délais pour les personnes prioritaires, a-t-il insisté.

« Une personne qui est symptomatique, une personne qui est cas contact, doit être testée dans l’urgence. Hors de question qu’elle se fasse refouler d’un laboratoire (…) parce qu’il n’y aurait pas de place. Ce n’est pas possible. Là-dessus, nous allons encore davantage travailler », a promis le ministre.

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Appel à la vigilance sur les « événements privés »

Par ailleurs, Emmanuel Macron s’est exprimé mardi sur l’épidémie liée au SARS-CoV-2, en marge d’un déplacement à Clermont-Ferrand consacré à l’égalité des chances. « Ce sur quoi on doit être beaucoup plus vigilants, ce sont les événements privés. Quand on regarde les études, beaucoup de nos concitoyens se contaminent dans des moments de vie privée, où il y a un relâchement », a estimé le chef de l’Etat, alors que le nombre de cas connaît une croissance exponentielle en cette rentrée. A quelques jours du conseil de défense sanitaire prévu pour vendredi, M. Macron a également plaidé pour que la stratégie en matière de tests « s’adapte » et annoncé que le ministre de la santé, Olivier Véran, a été chargé de soumettre des propositions pour qu’ils deviennent « plus simples et plus rapides ».

Cette crise sanitaire, surtout, rattrape directement le gouvernement puisque le premier ministre, Jean Castex, a appris mardi matin qu’il était cas contact du directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, testé positif au coronavirus, avec lequel il a passé une partie de la journée de samedi. « Quand on a un cas contact, il doit lui-même définir ses propres cas contacts, avoir une politique où il s’isole et se protège, a réagi M. Macron. On teste, et en fonction du résultat, soit on est positif, on s’isole, et ses cas contacts sont testés, soit on est négatif et on peut reprendre une vie normale, avec des précautions. C’est à cela que le premier ministre sera soumis. Nous faisons pour nous-même ce que demandons à l’ensemble de nos concitoyens de faire. » M. Macron affirme avoir lui-même effectué, lundi, un test PCR qui s’est révélé négatif.

Dans ce contexte, le séminaire gouvernemental prévu mercredi à l’Elysée pourra-t-il se dérouler normalement ? « Soit on le décale un petit peu, soit on le fait en visio avec ceux qui sont cas contacts. On fait comme toutes les entreprises vont faire et comme chacun d’entre nous va devoir faire dans ces prochaines semaines et ces prochains mois », a répondu le président de la République.

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Le Monde avec AFP

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