Coronavirus : Le confinement de mars a bien entraîné une baisse des résultats scolaires pour les élèves de CP et de CE1 – 20 Minutes

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Un enfant à son domicile durant la période de confinement. Crédit:Stephane ALLAMAN/SIPA — Stephane ALLAMAN/SIPA
  • Le ministère de l’Education a dévoilé ce lundi les résultats des évaluations nationales en CP, CE1 et 6e, qui se sont déroulées à partir du mois de septembre et qui permettent de mesurer l’effet du confinement sur le niveau des élèves.
  • Ils révèlent un effet négatif sur les élèves de CP et de CE1. Mais pas sur les 6e.
  • Les écarts de niveaux entre les élèves de l’éducation prioritaire et les autres se sont creusés.

Les enseignants le pressentaient, une étude le confirme : le confinement de mars a bien eu une incidence sur les apprentissages des élèves. S’appuyant sur les résultats des évaluations nationales en CP, CE1 et 6e, qui se sont déroulées à partir du mois de septembre, le ministère montre d’abord les effets de l’école à la maison sur les plus petits. « On constate une baisse du nombre d’élèves de CP ayant une maîtrise satisfaisante quel que soit le domaine », observe Fabienne Rosenwald, directrice de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp).

Ainsi, concernant la manipulation des syllabes, la baisse de niveau des élèves ayant connu le confinement est de l’ordre de 2 points par rapport à ceux ayant été évalués en 2019. Ils étaient ainsi 79,3 % à arriver à distinguer les sons en 2020, contre 81,3 % en 2019. La baisse de niveau est de 1,2 point concernant la compréhension des mots lus par l’enseignant : 69,1 % des élèves maîtrisent cette compétence cette année, contre 70,3 % l’an dernier. En maths aussi, les élèves de CP sont un peu moins bons. Leur niveau a baissé de 0,7 point pour écrire des nombres entiers et de 1,7 point pour résoudre des problèmes (de 66,1% à 64,4%). Une chute des résultats observable aussi bien chez les élèves du public, du privé que de l’éducation prioritaire. Même si ces derniers sont plus nombreux à éprouver des difficultés. « Le moindre équipement informatique des familles défavorisées est l’une des explications de leurs résultats aux évaluations », souligne Fabienne Rosenwald.

68,3 % savent lire à haute voix, contre 72,6 % l’an dernier

En CE1 aussi, le tableau n’est guère réjouissant. En 2019, les évaluations nationales avaient témoigné d’une amélioration des compétences des élèves et d’une réduction des écarts de niveaux entre ceux de l’éducation prioritaire et des autres, notamment en raison de la mise en place des CP dédoublés en éducation prioritaire. Mais la crise sanitaire a eu des répercussions sur les élèves inscrits en CE1 cette année.

Leur aptitude à lire à voix haute chute de 4,3 points par rapport à 2019 (68,3 % y parviennent, contre 72,6 % l’an dernier), et leur capacité à écrire des mots plonge de 4,5 points (72,6 % maîtrisent cette compétence, contre 77,1 % l’an dernier). Ce qu’explique Édouard Geffray, directeur général de l’enseignement scolaire : « Entre février et juin, les élèves de CE1 passent généralement de la lecture de mots à la lecture de phrases. Et c’est justement le moment où ils ont été confinés ». En revanche, leurs compétences en maths restent stables.

De son côté, Jean-Michel Blanquer avance d’autres explications. Dans une lettre adressée ce lundi aux enseignants, il indique qu’« une partie des compétences acquises en mathématiques était elle déjà installée avant la fin du confinement, à l’inverse de celle de français ; sans doute encore les parents ont-ils pu davantage accompagner leurs enfants en mathématiques et en compréhension qu’en lecture et en écriture ». L’écart de niveau entre les élèves de l’éducation prioritaire avec les autres augmente aussi sensiblement. « Les élèves issus des milieux les plus défavorisés ont été les plus touchés par les modifications, voire la prise de distance vis-à-vis de l’école qu’a entraînée le confinement », commente Jean-Michel Blanquer.

La surprise venue des élèves de 6e

Mais surprise. Alors qu’on aurait pu croire que les élèves de 6e allaient eux aussi subir l’impact du confinement, ce n’est pas le cas. Ils progressent même en français par rapport à leurs camarades évalués en 2019 (+ 4,8 points) et en maths (+ 2,9 points). Et le test de fluence, ajouté aux évaluations cette année, montre de 53 % des élèves lisent plus de 120 mots par minute et que seuls 15 % sont en dessous. Mais les écarts se sont accrus en maths entre les élèves entrant en 6e en éducation prioritaire et les autres.

De bonnes performances qui s’expliquent notamment par les dispositifs mis en place par l’Education nationale pour soutenir les élèves en difficultés, selon Édouard Geffray : « Les élèves de CM2 ont été nombreux à bénéficier de stages de réussite pendant les vacances scolaires ». « L’autonomie acquise par les élèves leur a sans doute permis de mieux s’approprier les démarches et les ressources proposées à distance », ajoute Jean-Michel Blanquer.

Des résultats qui seront « comme une photo de leur classe pour les enseignants », selon Édouard Geffray, et qui leur serviront pour différencier leur approche pédagogique en fonction des difficultés des élèves. Mais ces constats pourraient aussi servir au ministre de l’Education pour argumenter sur la nécessité de garder les écoles ouvertes à 100 %, même en dépit de la montée en flèche de l’épidémie et de l’appel à la « grève sanitaire » d’une intersyndicale ce mardi.

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