Coronavirus : la France devrait-elle prendre des mesures de reconfinement plus drastiques ? – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Devant les Galeries Lafayette, à Paris, le 28 novembre.

Nouveau confinement le lendemain de Noël, incitations à réduire davantage le nombre de personnes participant aux dîners de fêtes, interdiction des déplacements… Les annonces de mesures plus drastiques s’enchaînent ces derniers jours dans de nombreux pays européens qui voient l’épidémie de Covid-19 rebondir sur leur sol. Alors que la situation sanitaire se dégrade aussi en France, l’exécutif semble exclure pour le moment une stratégie plus coercitive que celle du couvre-feu, en vigueur depuis le 15 décembre (de 20 heures à 6 heures du matin), à l’exception du 24 décembre.

L’énoncé des différents indicateurs matérialisant la dynamique de l’épidémie est pourtant préoccupant. « L’équilibre actuel est extrêmement fragile, on sait qu’on joue avec le feu avec la période des fêtes qui s’ouvre, alors qu’on est déjà à un niveau déjà élevé où tout peut basculer très vite », estime Mahmoud Zureik, professeur en épidémiologie à l’université Versailles-Saint-Quentin.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : la demande massive de tests avant les fêtes place le système en surchauffe, au risque d’effets pervers

Le taux d’incidence, en progression depuis début décembre, s’élevait au 20 décembre à 134,6 cas pour 100 000 habitants (sur les sept derniers jours). Le nombre de cas positifs par jour est en hausse : « Nous sommes passés de 10 000 cas il y a trois semaines, à 11 500 cas il y a dix jours, et désormais à une moyenne de 14 000 cas sur la semaine du 14 au 20 décembre », reprend Mahmoud Zureik. Soit un chiffre plus élevé que le seuil de 5 000 cas fixé initialement par le gouvernement pour déclencher le déconfinement à partir du 15 décembre.

Surtout, le R, soit le taux de reproduction du virus, apparaît lui aussi en progression : de 0,83, selon le point épidémiologique de Santé publique France du 10 décembre, il est remonté à 1,03 au 17 décembre. Soit un seuil supérieur à 1, synonyme d’une « tendance à l’augmentation du nombre de cas », rappelle l’institution sanitaire.

Lire aussi L’épidémie de Covid-19 a fait plus de 60 000 morts en France

Les hospitalisations, seul indicateur qui ne soit pas au rouge

Seul voyant à ne pas clignoter au rouge, comme à la veille des précédents confinements, celui des patients atteints du Covid-19 à l’hôpital – même si d’aucuns rappellent qu’il n’est touché que dans un second temps. Situé sur un plateau élevé – près de 25 000 malades contaminés par le SARS-CoV-2 hospitalisés, ainsi que 2 745 en réanimation au 20 décembre – cet indicateur évolue encore à la baisse. « Nous restons aujourd’hui, globalement, dans une décroissance, rapporte le professeur François René-Pruvot, à la tête de la conférence des présidents de Commission médicale d’établissement de CHU. Même si la pente s’est infléchie, et que la situation est hétérogène selon les régions. » Après plusieurs semaines de baisse depuis le pic de la mi-novembre, une très légère remontée a eu lieu le 20 décembre, d’après les chiffres de Santé publique France, avec 142 patients hospitalisés supplémentaires et 27 patients de plus en réanimation que la veille.

Il vous reste 68.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: