Coronavirus : l’« embouteillage » des tests met l’exécutif sous pression – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Analyse de tests PCR dans un laboratoire à côté de Paris, le 15 septembre 2020.

Temporiser les mesures « difficiles » en attendant que l’« embouteillage » des tests se résorbe. C’est le pari risqué lancé par le ministre de la santé, Olivier Véran, lors d’une conférence de presse jeudi 17 septembre. Piliers de la stratégie française de lutte contre l’épidémie de Covid-19, ces tests sont devenus son talon d’Achille. Depuis la fin de l’été, les délais d’accès et de résultats n’ont cessé de s’allonger dans les grandes métropoles, empêchant d’identifier à temps les personnes contaminées et de les isoler. « Nous avons réussi le pari du dépistage massif, mais nous sommes (…) confrontés à de réelles difficultés organisationnelles que nous devons résoudre », a admis le ministre, annonçant que la France avait franchi la barre des 1,2 million de tests par semaine.

Le temps presse. Depuis la fin de l’été, les indicateurs épidémiques passent les uns après les autres au rouge. Selon le point épidémiologique de Santé publique France du 17 septembre, douze départements ont une incidence supérieure à 1 cas de Covid pour 1 000 habitants. Et en une semaine, le nombre de nouvelles hospitalisations a bondi de 45 % passant de 1 700 à 2 400. « L’épidémie est à nouveau très active dans notre pays », avec une « dynamique » qui « inquiète » dans « certains territoires », a déclaré le ministre.

Lire aussi Coronavirus : visualisez l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde

Pédagogique, Olivier Véran s’est appliqué à montrer ce qui se passerait si la circulation du virus ne ralentissait pas, prenant l’exemple de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Fin septembre, avec 300 patients hospitalisés en réanimation, 60 % des lits disponibles seraient occupés et ce taux d’occupation passerait à 100 % dès la deuxième quinzaine d’octobre. « Si nous ne faisons rien, a mis en garde le ministre de la santé, nous risquons de ne plus pouvoir prendre en charge tous les patients qui en ont besoin. »

« Dégripper » le dispositif

Pour reprendre le contrôle de la situation, Olivier Véran sait qu’il doit parvenir à « dégripper » le dispositif de tests. Une demande pressante du chef de l’Etat. Après avoir subi de vives critiques, en mars, au début de l’épidémie, en raison de la pénurie de masques, Emmanuel Macron n’a aujourd’hui qu’une crainte : se voir intenter un procès en amateurisme sur la question des tests. « Le président a le traumatisme de la polémique sur les masques donc il ne veut pas retomber dans une nouvelle polémique sur les tests, explique un de ses fidèles. Il se rend compte du décalage existant entre le discours de Véran, qui fanfaronne sur le fait que l’on fait plus d’un million de tests par semaine, et les gros retards rencontrés, dans la pratique, par les gens. »

Il vous reste 62.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *