Coronavirus : au Brésil, le président, Jair Bolsonaro, testé positif à « la grippette » – Le Monde

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Jair Bolsonaro lors d’une visioconférence à l’occasion du sommet du Mercosur, à Brasilia, le 2 juillet.

Il a finalement fini par l’attraper. Mardi 7 juillet, Jair Bolsonaro a annoncé avoir été testé positif au Covid-19. Il devient ainsi le quatrième chef d’Etat ou de gouvernement de la planète à contracter la maladie, succédant en cela au premier ministre britannique, Boris Johnson, au prince Albert de Monaco et au président du Honduras, Juan Hernandez.

Le leader d’extrême droite a annoncé la nouvelle à sa façon : extravagante, inimitable. Pour montrer à tous qu’il était au mieux de sa forme, Jair Bolsonaro n’a pas hésité à retirer son masque et à interpeller la poignée de journalistes présents face à lui à Brasilia. « Comme ça, vous pouvez voir mon visage, constater que je vais bien, que je suis tranquille et en paix ! », a lancé le chef de l’Etat, radieux mais contagieux, face à une presse aussi surprise qu’affolée.

Les premiers signes d’alerte se sont fait sentir dimanche. « Une indisposition, qui s’est aggravée lundi, avec un mal-être, de la fatigue, un peu de douleur musculaire, et une fièvre en fin d’après midi qui a atteint les 38 degrés », a détaillé Jair Bolsonaro depuis le « palais de l’Aurore », somptueuse résidence des chefs de l’Etat brésilien. Face à l’aggravation des symptômes, le président a effectué en urgence une tomographie, un test du Covid-19. Résultat : positif.

Des réactions plus que partagées

Dans un pays sous tension, où le virus a déjà fait plus de 66 000 victimes et 1,6 million de malades, les réactions à l’état de santé du président ont été plus que partagées. « Il ne reste plus qu’à lui souhaiter une pleine récupération », a sèchement tweeté l’ex-ministre de la justice Sergio Moro, aujourd’hui dans l’opposition.

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Certains sont allés plus loin encore : « Je suis favorable à ce que sa maladie s’aggrave et qu’il en meurt », est allé jusqu’à écrire l’éditorialiste Hélio Schwartsman dans une tribune publiée par la Folha de Sao Paulo. « Dans l’immédiat, l’absence de Bolsonaro signifierait que nous n’aurions plus [au Brésil] un dirigeant minimisant l’épidémie et sabotant les mesures visant à l’atténuer. Est-ce que ça ne pourrait pas sauver des vies, ça ? », s’interroge le journaliste. Et de conclure : « En mourant, Bolsonaro rendrait un service qu’il a été incapable d’offrir de son vivant. »

Faut-il rappeler le nombre de polémiques lancées par le président du Brésil au sujet du Covid-19, cette « grippette », cet évènement « surdimensionné » selon lui ? Depuis quatre mois, Jair Bolsonaro n’a eu de cesse de relativiser la pandémie. Cette semaine encore, il a posé son veto à plusieurs articles d’une loi relative au port du masque dans l’espace public, adoptée par le Congrès. Grâce au président, il sera désormais possible de se rendre sans protection aucune dans les commerces, usines, églises et même les prisons surpeuplées…

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