Coronavirus à Toulouse : Le second confinement a-t-il vraiment cassé la diffusion du Covid-19 ? – 20 Minutes

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Au CHU de Toulouse, lors de la formation des soignants aux procédures de prise en charge des patients Covid-19. — B. Colin / 20 Minutes
  • Les services hospitaliers d’Occitanie ont enregistré une baisse des hospitalisations Covid-19 de 30 % au cours de la dernière semaine.
  • Les services de réanimation restent toutefois encore surchargés, en décalage de quinze jours par rapport à la courbe des hospitalisations.
  • Selon une étude statistique du CHU de Toulouse, le confinement dans l’aire urbaine de la Ville rose a permis de casser la courbe de la circulation du virus et le taux de positivité des tests. Mais jusqu’à quand ?

Mis bout à bout, tous les indicateurs indiquent que la décrue de l’épidémie de coronavirus est en bonne voie à Toulouse et plus généralement dans la région Occitanie. « Nous avons enregistré une baisse des admissions en hospitalisation conventionnelle sur la région de 30 % en une semaine, le taux d’incidence se rapproche du seuil de 150 cas positifs pour 100.000 habitants et le taux de reproduction est descendu en dessous de 1 », a indiqué ce vendredi Pierre Ricordeau, le directeur l’Agence régionale de santé.

Avant de ponctuer que le niveau de l’épidémie reste élevé dans la région. Au CHU de Toulouse, 166 patients Covid sont en effet encore hospitalisés, loin du pic épidémique atteint lors de cette seconde vague avec 220 patients au CHU. Mais, avec un décalage, il reste encore un nombre important de personnes en réanimation, puisque 62 sont toujours en soins critiques, dont 42 en réanimation.

Pour les professionnels de santé, le confinement a donc clairement joué son rôle au cours des trois dernières semaines écoulées, faisant retomber la pression ces derniers jours. Chloé Diméglio, biostatisticienne au sein du laboratoire de virologie CHU de Toulouse, avait déjà démontré le rôle crucial joué par le port du masque ou encore les fermetures des bars dans la circulation du virus dans l’aire toulousaine. Elle a de nouveau fait tourner ses modèles mathématiques ces dernières semaines et a pu calculer la contrainte qui s’applique à la diffusion du virus.

Le confinement a cassé la dynamique virale du Sras-Cov2 sur l'aire urbaine.
Le confinement a cassé la dynamique virale du Sras-Cov2 sur l’aire urbaine. – Chloe Dimeglio / CHU Toulouse

Avec le couvre-feu​ et les mesures prises antérieurement comme le port du masque, on était sur une contrainte appliquée à la circulation du virus de 37 %. « Ces différentes mesures avaient permis d’aplanir la dynamique, le confinement casse cette courbe et abaisse de 9 % la contrainte. Le taux de positivité des tests est de 10 à 12 % et, selon les prévisions, on sera à 7,6 % au 1er décembre », détaille Chloé Diméglio.

Taux de positivité à 2 % seulement en février

Loin encore des 2 % indiqués par le gouvernement comme étant le seuil pour avoir le virus sous contrôle. Pour y parvenir sur l’aire urbaine de Toulouse, il faudrait rester confiné jusqu’à début février selon le modèle mathématique de la biostatisticienne, la population de la Ville rose et sa région ayant un taux d’immunité collective qui ne dépasse pas encore les 5 %.

« Plus on attend pour déconfiner, plus ce taux de positivité des tests va descendre et plus ce sera facile à gérer, même si on n’est pas obligé d’être à un niveau 2 % pour avoir le virus sous contrôle. Aujourd’hui on a une baisse du taux, mais des services de réanimation et hospitalisations sont toujours très sollicités et commencent à peine à se stabiliser. La question est de savoir quand on déconfine et comment pour ne pas se retrouver à nouveau dans une situation difficile rapidement », avance la chercheuse.

Et c’est bien là toute la difficulté qui se pose aux autorités sanitaires pour ne pas déconfiner pour reconfiner 15 jours après. Certains départements, comme le Gard ou encore les Hautes-Pyrénées se retrouvent avec des taux de positivité des tests au-delà des 17 %, avec des diffusions plus récentes du virus que dans d’autres secteurs de la région qui avaient pris des mesures de restriction plus précocement.

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