Contact tracing : l’application de nos voisins britanniques se met à jour pour peser sur l’épidémie

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Contact tracing : l'application de nos voisins britanniques se met à jour pour peser sur l'épidémie

Alors que l’épidémie de Covid-19 est repartie à la hausse, la politique de contact-tracing de la France est régulièrement sous le feu des critiques. Si celle-ci s’améliore via l’application Tous AntiCovid, qui approche des 7 millions de téléchargement, elle reste pourtant loin de l’engagement populaire qui règne outre-Manche autour de l’application de contact-tracing développée par les autorités britanniques, qui a été téléchargée par 40 % des propriétaires de smartphones éligibles, soit plus de 19 millions d’appareils outre-Manche.

Pourtant, celle-ci aussi a rencontré des failles qui entachent sa réputation. Comme le rapportait ce samedi le “Times”, celle-ci a en effet échoué à contacter les cas-contacts pour les enjoindre à s’isoler. La faute à une sensibilité loin d’être assez forte pour permettre aux autorités de détecter les contacts avec des personnes infectées par le Covid-19. Conséquence : les autorités britanniques viennent de concéder qu’un nombre “scandaleusement bas” d’utilisateurs avait reçu des avertissements depuis la sortie de l’application le 24 septembre.

L’application, qui repose sur une API Bluetooth développée par Apple et Google pour les services de santé, vient toutefois de connaitre une mise à jour importante qui pourrait bien lui permettre de refaire son retard. Google et Apple ont en effet récemment mis à jour leur API tandis que les autorités britanniques affirment que l’application Covid-19 du NHS est la première au monde à intégrer ces améliorations.

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Une mise à jour attendue

La première mise au point de l’API concerne cette précision tant mise en défaut jusqu’à maintenant. “La dernière mise à jour utilise la technologie pour mieux mesurer la distance, ce qui signifie que nous pouvons réduire le nombre de contacts à faible risque notifiés à l’auto-isolation sans avoir d’impact sur le nombre de contacts à haut risque notifiés à l’auto-isolation”, indiquent les autorités britanniques.

Les signaux Bluetooth ont tendance à être peu fiables, rebondissant sur différentes surfaces et créant des échos, ce qui signifie que l’application peut enregistrer des distances radicalement différentes entre deux utilisateurs, même sur une courte période de temps. Grâce à Google et à la nouvelle API d’Apple, l’algorithme de l’application peut désormais prendre en compte cette caractéristique lorsqu’il s’agit de déterminer la distance entre deux téléphones, en utilisant des statistiques pour déterminer où se trouve réellement un contact. 

L’algorithme amélioré a été développé en collaboration avec des chercheurs de l’Institut Alan Turing, et les services de santé britanniques sont maintenant convaincus que la technologie est très précise. Les autorités sont donc désormais prêtes à laisser l’application émettre plus d’alertes aux utilisateurs qu’auparavant, conseillant à ceux qui sont à haut risque d’infection de s’isoler.

Meilleure précision des contacts

Lorsqu’un contact Bluetooth est enregistré par l’application et suivi par un des deux utilisateurs concernés dont le test est positif, certains calculs doivent être effectués pour déterminer si l’interaction a comporté un risque élevé d’infection. La distance, le temps et le caractère infectieux de la personne dont le test est positif créent ensemble un “score de déclenchement de l’alerte”, ou “seuil de risque”, qui, lorsqu’il est atteint, déclenche une notification.

Si un contact a duré peu de temps, par exemple, ou s’est produit à une grande distance, il est peu probable qu’une alerte soit émise. Les critères qui définissent si une alerte doit être émise, cependant, sont déterminés par les services de santé et peuvent changer au fur et à mesure de l’évolution de l’épidémie. La nouvelle mise à jour de l’application a été conçue pour tenir davantage compte du degré d’infectiosité d’une personne infectée par le coronavirus, c’est-à-dire du fait que le jour où les symptômes se développent, le virus a beaucoup plus de chances de se propager.

 Résultats des courses : le seuil de risque a été abaissé, rendant plus probable que le contact avec une personne infectée déclenche désormais une commande d’auto-isolation. “La mise à jour du seuil de risque devrait augmenter le nombre de personnes à qui l’on demande de s’auto-isoler par l’application, ayant été en contact étroit avec une personne dont le test est positif”, fait-on savoir du côté des autorités britanniques, interrogées par la rédaction de ZDNet. “Nous pensons que l’abaissement du seuil est nécessaire pour réduire le taux de R et briser la chaîne de transmission”.

Suppression des notifications fantômes

Bien que l’application de contact-tracing britannique ait maintenant été téléchargée par 40 % des propriétaires de smartphones éligibles (19 millions d’utilisateurs) en Angleterre et au Pays de Galles, son impact sur l’évolution de l’épidémie n’est pas encore évident. Les chercheurs à l’origine de l’outil sont convaincus que l’application fonctionnera parallèlement aux interventions traditionnelles pour réduire les infections, mais les données clés ne sont pas encore divulguées.

Par exemple, il n’y a pas d’informations détaillées sur le nombre de tests positifs qui ont été soumis dans l’application, ni sur le nombre de fois où l’outil a été désinstallé.

Parmi les autres améliorations apportées par la dernière version de l’API de Google et d’Apple figurent la suppression des notifications dites “fantômes”, qui se produisaient auparavant lorsque l’algorithme de l’application fonctionnait pour calculer le seuil de risque d’un utilisateur. Cela a conduit à des notifications d'”exposition possible”, que de nombreux utilisateurs ont déclaré avoir reçues, entraînant une confusion même dans le cas d’un contact à faible risque.

Une passerelle d’interopérabilité qui exclut le Royaume-Uni (et la France)

A noter que les autorités britanniques ont également confirmé qu’à partir de début novembre, ceux qui ont téléchargé l’application Covid-19 pourront continuer à utiliser l’outil s’ils se rendent en Écosse, en Irlande du Nord, à Jersey et à Gibraltar. Cette “passerelle d’interopérabilité” a également été lancé dans l’UE cette semaine. Il a permis jusqu’à présent de relier l’application allemande Corona-Warn, l’application irlandaise Covid tracker et l’application italienne Immuni, qui représentent ensemble 30 millions de téléchargements.

Un deuxième groupe d’États membres devrait rejoindre la passerelle à partir de la semaine prochaine mais devrait encore exclure la France, qui – comme la Hongrie – continue à parier sur un système centralisé, au contraire d’un grand nombre de voisins européens. L’application britannique en sera également exclue, au motif que celle-ci le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’UE.

Source : ZDNet.com

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