Congé à la mort d’un enfant: Pénicaud admet “l’erreur collective” de l’exécutif et de la majorité – BFMTV.COM

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C’est pour le moins un changement de ton. Et même un revirement. Il y a trois jours, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, approuvait le rejet par la majorité d’une mesure, soutenue par l’intégralité de l’opposition de droite comme de gauche à l’Assemblée nationale, visant à allonger la durée du congé parental dédié aux parents endeuillés par la mort d’un enfant, de cinq jours actuellement à douze jours. “Ce congé, c’est 100 % payé par les entreprises”, avait-elle argué. La députée LaREM élue dans le Var, Sereine Mauborgne, avait quant à elle osé: “Quand on s’achète de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises, c’est quand même un peu facile”.

“Un nouveau vote est prévu” 

Ce samedi soir cependant, intervenant sur notre antenne, Muriel Pénicaud est revenue sur les positions initiales de l’exécutif et de la majorité: “Je crois qu’on a fait une erreur collective, on le reconnaît, le texte de loi n’est pas encore voté donc on va le corriger. Il faut pouvoir permettre un répit plus important de cinq à douze jours.”

Elle en a dit davantage sur les modalités de cette “correction”: “De toute façon, un nouveau vote est prévu puisque c’était la première lecture à l’Assemblée nationale”. Muriel Pénicaud a toutefois défendu les travaux de la majorité, considérant que le texte voté comportait des “améliorations”. Elle a alors cité “une autorisation de recevoir des dons de RTT de la part d’autres salariés ce qui était interdit avant.” La ministre a par ailleurs expliqué sa froideur devant le projet de loi initial, proposé par le député Agir-UDI élu dans le Nord, Guy Bricout, par le flou, selon elle, de son financement:

“Ce qui me choque, c’est de faire des lois pas applicables. Le texte de loi tel qu’il était rédigé ne clarifiait pas le financement : solidarité nationale ou entreprise. Il faut le clarifier, on le fera cette semaine. On va recevoir les partenaires sociaux et les parlementaires pour trouver cette solution.”

Deux interventions ont incité Muriel Pénicaud à revoir sa copie

Deux prises de paroles peuvent éclairer le changement de pied de Muriel Pénicaud. Tout d’abord, ce samedi en fin d’après-midi, une source élyséenne relayait la parole d’Emmanuel Macron auprès de notre chaîne: “Le Président de la République a demandé au gouvernement de se pencher rapidement sur ce problème, et surtout a donné la consigne de faire preuve d’humanité. La majorité avait voté dans un sens qui a ému beaucoup de Français”.

Et, la veille, dans la foulée du rejet de la mesure d’allongement du congé parental, le MEDEF mettait à mal l’argumentaire de la ministre fondé sur le poids éventuel de la disposition pour les entreprises via des tweets de Laurence Parisot, l’ancienne patronne du syndicat, et de Geoffroy Roux de Bézieux, qui le dirige désormais. “Le MEDEF s’honorerait à demander un nouveau vote de cette proposition”, lançait ainsi la première. 

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