Confinement : Emmanuel Macron accusé d’avoir « perdu son pari » – Le Monde

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Il voulait à tout prix tenir la ligne qu’il avait édictée le 29 janvier. Ce jour-là, Emmanuel Macron avait décidé, à la surprise générale et contre l’avis du monde médical, de ne pas reconfiner le pays. « C’est une reprise en main du politique face aux scientifiques ! », se réjouissait alors l’entourage du chef de l’Etat. Sept semaines plus tard, la potion est amère. Le premier ministre, Jean Castex, a été contraint d’annoncer un nouveau tour de vis, jeudi 18 mars, pour un tiers des Français qui vont être reconfinés vendredi à minuit pour au moins un mois, avec des restrictions de déplacement à la clé.

Une décision imposée par la poussée de l’épidémie de Covid-19, fustigée par les oppositions, qui ont immédiatement accusé le locataire de l’Elysée d’avoir failli dans sa gestion de crise. « Le confinement, c’est ce que l’on fait quand on a tout raté, a dénoncé la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen. Le gouvernement fait payer aux habitants des territoires concernés ses échecs répétés. »

« La vis sans fin », a abondé le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, qualifiant même Emmanuel Macron de « génie de la chienlit ! ». « Depuis le premier confinement, il y a un an, une chose a changé : il n’y a plus du tout de consensus politique », analyse le président de l’institut de sondages Elabe, Bernard Sananès.

Lire notre analyse : Avec un troisième confinement pour une large partie de la France, le gouvernement défend sa « troisième voie »

C’est surtout « l’échec » du « pari » du chef de l’Etat, qui a été pointé du doigt par ses opposants. En particulier à droite. « Les Français paient ce soir au prix fort le pari perdu d’Emmanuel Macron qui, en janvier, a refusé d’écouter les conseils scientifiques par calcul politique », a asséné le député Les Républicains (LR), Eric Ciotti.

« Terrible constat d’échec que d’être contraint de confiner une nouvelle fois », a renchéri le président des députés LR, Damien Abad, en soulignant la lenteur de la campagne de vaccination comme une des causes de la « faillite » de la stratégie du pouvoir. « Quand la vaccination est à l’arrêt, le confinement est en marche », déplore M. Abad.

« Retour en absurdie »

Sous le feu des critiques, l’Elysée joue la sérénité, en appelant à « relativiser » l’idée d’un éventuel échec. L’entourage du chef de l’Etat met en avant la volonté constante de ce dernier de « tout faire » pour éviter un nouveau confinement strict. Avec le souci permanent de « protéger » les Français de nouvelles restrictions de liberté trop brutales. « Un confinement dur a des conséquences sociales, économiques, éducatives, psychologiques. Il faut trouver des mesures proportionnelles, territorialisées, efficaces sanitairement et acceptables sociétalement : c’est la ligne du président de la République depuis plusieurs mois », affirme un conseiller.

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