Confinement : comment le gouvernement tente de sauver Noël – Le Parisien

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Tirer un trait sur les fêtes de fin d’année? « On ne peut pas dire aux gens, il n’y a pas de Noël. C’est intenable », convient un ministre. « Mais, interroge en écho un conseiller du gouvernement, est-ce que les Français comprendraient que l’on dise On va garantir Noël et qu’il y ait une explosion des contaminations derrière? » Déjà percutée en 2019 par la grève monstre contre la réforme des retraites, cette période ô combien importante dans l’imaginaire collectif, mais aussi en termes d’enjeux économiques, l’est cette fois par la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19. Une nouvelle équation faite « de mauvais choix », comme le disait (déjà) un fidèle du président Emmanuel Macron à la veille du reconfinement.

Jeudi, le Premier ministre Jean Castex a seulement esquissé la possibilité « d’un nouvel allègement au moment des vacances de Noël afin (de pouvoir) passer les fêtes de fin d’année en famille ». Manière de donner une perspective, aussi prudente et floue soit-elle. Façon aussi d’inciter les Français à respecter la vie sous attestations − en clair, le confinement − qui restera la règle après le 1er décembre.

«Il y aura forcément des restrictions»

« Si on veut passer un Noël en famille, chacun doit prendre ses responsabilités. Cela ne repose pas sur une décision d’Emmanuel Macron, mais sur l’attitude de chaque citoyen. C’est une histoire collective », appuie la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault. Une invitation doublée de contrôles policiers renforcé s sur demande expresse de Jean Castex − auquel il était revenu qu’ils étaient insuffisants − à Gérald Darmanin.

Au sommet de l’Etat, on ne sait encore dire dans quelles conditions se dérouleront ces congés. Outre le facteur froid, les repas favorisent la propagation du virus. Le ministre de la Santé Olivier Véran l’a rappelé en citant les travaux du Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre influent du conseil scientifique, lors d’une récente réunion de ministres. Sur ce point, Jean Castex craint davantage les fêtes du Nouvel an que celles, plus familiales, de Noël. Quoi qu’il en soit, attendre un retour à la normale serait illusoire. Il s’agit, avance-t-on à Matignon, « de faire un Noël le plus acceptable possible ». Si l’un des objectifs est bien « de pouvoir lever les restrictions de déplacement avant les vacances », il y aura « forcément des restrictions ».

Une marmite sociale sous surveillance

Jusqu’à quel point seront-elles acceptées? Le Premier ministre observe « la lassitude » des Français. Des catholiques ont ainsi commencé dimanche dernier à organiser des rassemblements pour demander le retour des messes. Quant à la colère des commerçants, elle gronde déjà : « On essaie de leur donner des échéances les plus claires possibles », plaide l’entourage du Premier ministre, en ouvrant la porte à de possibles allègements au 1er décembre pour les produits non essentiels.

Que dire de ceux qui, comme les restaurateurs, n’ont même pas cet horizon… Cette marmite sociale est surveillée de près par l’exécutif. « Il y a des discours et des échanges sur les réseaux sociaux, avec des appels à la rébellion, qui peuvent laisser penser que le risque est là. Les commerçants, aussi, sont des relais d’opinion », observe une source policière. Certes, souligne-t-on en chœur au sein du gouvernement, « Noël est encore loin ». Trop loin pour y voir clair. Si ce n’est sur ce point, soupire un ministre : « Ça va être épineux. C’est encore des problèmes devant nous. »

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