Conférence sur le handicap, « calinothérapie » avec ses députés… Macron veut tourner la page du « couac » sur le deuil parental – 20 Minutes

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Emmanuel Macron lors d’une réception à l’Elysée en janvier 2020 — ELIOT BLONDET-POOL/SIPA
  • La polémique sur le congé pour deuil d’un enfant a fait du mal à la Macronie et aux députés LREM, traités de « cons » par un ministre.
  • Pour la troisième fois depuis le début de son mandat, Emmanuel Macron invite ce mardi les parlementaires à l’Elysée.
  • Il présente le même jour des mesures sur le handicap, ce qui donne l’espoir aux macronistes de faire entendre leur fibre sociale.

Après une semaine difficile, l’exécutif veut reprendre la main. Car la polémique autour de l’extension du congé de deuil a provoqué une tempête dans la macronie. « Ça avait été conçu comme ça par l’UDI, pour mettre la majorité en porte-à-faux », assure un député de La République en marche. Piège politique ou non, LREM est tombée dedans, entraînant une vague de colère chez certains députés.

« Les parlementaires sont arrivés à un tel niveau d’exaspération, de fatigue, de déprime. Ils s’en prennent plein la figure », se désole l’un d’entre eux. Plusieurs d’entre eux ont mal véu le recadrage du chef de l’Etat sur le congé de deuil parental alors qu’ils avaient appliqué la consigne de vote fixée par l’exécutif. « On veut bien être loyal, prendre les coups, on l’a été sur le glyphosate, les enfants handicapés… Mais la parole du président sur le besoin d’humanité est mal passée ». Ce mal-être a semble-t-il été entendu : Emmanuel Macron a convié les parlementaires mardi à l’Elysée, pour la troisième fois depuis le début de son quinquennat.

« Le président va devoir faire de la calinothérapie pour tourner la page »

Dans la salle des fêtes de l’Elysée, à 20 heures, le chef de l’Etat entend regonfler le moral des troupes, amoché par des critiques émanant même du gouvernement. Après le rejet du congé de 12 jours pour le deuil d’un enfant mineur, un membre de l’exécutif avait qualifié les députés marcheurs de « cons ». « Certaines paroles ont blessé, et cette phrase a beaucoup vexé », confie la députée du Nord Catherine Osson. « Le président va devoir faire de la calinothérapie pour tourner la page », souffle un député LREM.

Dans la majorité, certains réfutent le besoin de « câlins » à titre personnel… mais saluent un geste nécessaire pour « leurs collègues ». « Certains trouvent Emmanuel Macron loin de nous. Et pour tous les élus qui subissent des dégradations de permanences, des attaques, cette invitation va faire du bien », avance Catherine Osson. D’autres espèrent ne pas recevoir de « remontrances » du chef de l’Etat, qui les avait déjà tancés lors d’une réunion similaire en septembre.

Des propositions sur le handicap, pour « souffler un peu »

« On est une grande famille de 300 personnes, ce n’est jamais un long fleuve tranquille, on ne va pas s’arrêter au premier soubresaut », balaie le député des Yvelines Didier Baichère, qui veut passer à autre chose. La majorité souhaite faire entendre une voix plus sociale. Ce mardi, justement, Emmanuel Macron annoncera également de nouvelles mesures pour améliorer de manière « tangible » la vie des personnes handicapées.

Loin des polémiques sur le « manque d’humanité », « ça va nous permettre de souffler un peu », espère Catherine Osson. « C’est un sujet transpartisan, et on met beaucoup de moyens. A nous de mettre en avant ce qu’on fait de bien, de ne pas parler seulement des retraites ». Mais l’opposition accuse l’exécutif de faire diversion avec ce sujet du handicap. « J’en entends qui disent que Macron se refait la cerise avec ce plan handicap, mais c’est un hasard de calendrier », répond Bruno Bonnell, élu du Rhône. Pour justifier cette date, l’Elysée invoque les 15 ans de la loi du 11 février 2005 sur le handicap. Bruno Bonnell s’agace : « On nous accuse de faire du “social washing” alors que nous menons depuis 2017 une politique sociale, même si elle n’est pas perçue comme telle dans l’opinion ».

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