Condamnation de Nicolas Sarkozy : à droite, la stupéfaction, à gauche, la prudence – Le Monde

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Nicolas Sarkozy et ses deux co-prévenus, Thierry Herzog et Gilbert Azibert, au tribunal de Paris, le 1er mars.

Le coup de tonnerre a pris la droite par surprise. Le ciel était pourtant dégagé en ce lundi 1er mars et beaucoup, chez Les Républicains (LR), imaginaient un avenir judiciaire tout aussi clair pour Nicolas Sarkozy. Notamment dans le procès dit des « écoutes » où l’ancien président de la République était jugé pour corruption et trafic d’influence.

Nombreux sont ceux qui n’avaient de cesse de répéter ces dernières semaines que « l’affaire ne reposait sur rien ». N’hésitant pas, pour les plus proches, à rêver d’un nouveau destin présidentiel pour leur champion. C’est à froid que le jugement prononcé lundi a donc cueilli ceux-là. Nicolas Sarkozy a été condamné par les juges à une peine de trois ans de détention dont un an ferme, laissant un parti en proie à la « stupeur » et à la « sidération ».

Les réactions ont afflué de toutes parts, peu après le déjeuner, quand la nouvelle s’est répandue. Du premier cercle bien sûr, mais au-delà d’une partie de la classe politique française, obligée de se positionner face à une première dans la VRépublique : la condamnation d’un ancien chef de l’Etat à de la prison ferme.

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Interrogé en marge d’un déplacement dans le Gard, Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur et ancien porte-parole toujours proche de Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à lui témoigner son « soutien amical » : « Chacun sait l’affection et le respect que j’ai pour Nicolas Sarkozy qui a été un grand président de la République et qui, en ces moments difficiles, a mon soutien amical. Je n’oublie pas tout ce qu’il a apporté à notre pays. »

Un discours qui a suscité l’incompréhension d’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), pourtant resté discret sur le jugement jusque-là. « Sans commentaires », a-t-il ainsi écrit en postant la vidéo de M. Darmanin sur le réseau social Twitter.

« Ni au-dessus, ni en dessous des lois »

Eric Piolle, le maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Grenoble, n’a pas manqué l’occasion de titiller la droite en citant Nicolas Sarkozy lui-même : « Il faut que les peines soient exécutées. La non-exécution des peines, c’est l’impunité. » Le patron du parti, Julien Bayou, s’est d’ailleurs félicité sur BFMTV que « la justice passe également par la délinquance en col blanc ». Sur Twitter, il a prévenu la droite : « On ne peut mettre en cause la justice au seul motif que son jugement vous déplaît. »

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