Inauguration du dispositif de mesure de qualite de l’air dans le metro parisien, le 7 juin 2019 à Paris. — PATRICK GELY/SIPA

  • Deux purificateurs d’air ont été présentés ce vendredi. Ils sont installés pour expérimentation pendant 6 mois sur les quais de la station Alexandre-Dumas (ligne 2), dans le 20e arrondissement de Paris.
  • Le dispositif doit permettre d’absorber et de traiter les particules fines produites par les rames de métro et circulant dans l’air. Ces particules sont ensuite destinées à être « valorisées ».
  • Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et d’Ile-de-France Mobilités a salué un dispositif qui doit permettre de mettre fin à un « paradoxe » : « La concentration de particules fines est parfois supérieure dans le métro à ce qu’on mesure à l’extérieur ». En cause principalement : le freinage des rames.

Envie de prendre le métro pour éviter la pollution du dehors ? Mauvaise idée, selon une étude de la région Ile-de-France. Les taux de particules fines sont parfois plus élevés en station que dans les rues parisiennes, d’après les conclusions. Un « paradoxe » auquel s’attelle Valérie Pécresse, présidente de région et d’Ile-de-France Mobilités. L’Ile-de-France teste pendant six mois deux purificateurs d’air, installés sur l’un des quais de la station Alexandre-Dumas (ligne 2) dans le 20e arrondissement de Paris. Les appareils ont été inaugurés ce vendredi et seront activés dans quinze jours.
La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (à droite) a présenté le dispositif en compagnie de la présidente de la RATP et de la directrice adjointe de Suez. La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (à droite) a présenté le dispositif en compagnie de la présidente de la RATP et de la directrice adjointe de Suez. – Juliette Desmonceaux
Ce dispositif, nommé « Ip’Air » et conceptualisé par la société privée Suez, est lauréat de l’appel à projets « Innovons pour l’air de nos stations » lancé par la région en 2018. Valérie Pécresse a salué ce vendredi en conférence de presse un dispositif destiné à « lutter contre les particules fines qui peuvent être à l’origine d’allergies ou d’asthme » chez les Parisiens.

7.500 m3 d’air traités par heure

Avec leurs trois mètres de long sur deux mètres de haut, les engins ne passent pas inaperçus. Deux appareils de traitement de l’air ont été installés sur les quais du métro et tous deux fonctionnent de la même façon : l’air passe dans la machine et un « aimant à particules » capte la pollution, explique Jérôme Arnaudis, directeur du pôle Air à Suez. Les particules restent accrochées à une plaque et sont collectées. Avec une ambition : qu’elles soient ensuite « valorisées », affirme Sophie Mazoué, responsable du développement à la RATP, préférant rester discrète pour l’instant sur les options envisagées. Au total, 7.500 m3 d’air seront traités chaque heure.
Les appareils de traitement de l'air sont installés à titre expérimental pendant 6 mois et pourront ensuite être reconduits. Les appareils de traitement de l’air sont installés à titre expérimental pendant 6 mois et pourront ensuite être reconduits. – Juliette Desmonceaux
Pour évaluer l’efficacité du système, un outil de mesure a également été installé. Pendant les six mois d’expérimentation, il est chargé d’évaluer l’efficacité de l’installation 24 heures sur 24.

4 millions d’usagers par jour

Alors que dans les rues parisiennes, la pollution est principalement liée au trafic routier, produisant du dioxyde d’azote, dans le métro, c’est le freinage des rames et ses particules fines qui sont mis en cause. Peuvent également entrer en cause : les travaux, nombreux dans le métro, et l’ancienneté des rames. Souvent mal ventilées, les stations de métro brassent en plus de l’air pollué qui n’est pas évacué. Résultat, dans certaines stations, les concentrations de particules en suspension sont jusqu’à dix fois supérieures aux seuils de recommandation de l’OMS. Avec ses 4 millions d’usagers par jour, l’enjeu sanitaire est énorme pour le métro parisien.

Si les appareils « Ip’Air » s’avèrent efficaces, l’expérimentation sera poursuivie dans les stations et pourra s’étendre à des lieux « semi-fermés », a annoncé Valérie Pécresse, évoquant les cours d’écoles ou les EHPAD. Selon une étude d’Airparif parue en 2018, entre cancers, problèmes cardio-respiratoires ou cardiovasculaires, la pollution cause 48.000 morts anticipées par an à Paris.

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