Comment empêcher les cyberarmes de devenir incontrôlables ?

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Comment empêcher les cyberarmes de devenir incontrôlables ?

Les autorités britanniques se mettent en alerte rouge. Pour Londres, s’il est essentiel que tous les pays respectent les règles et les normes internationales en cas de déploiement de cyberarmes, certains Etats outrepassent allègrement ces règles internationales et sont loin de se montrer irréprochables dans la manière dont ils utilisent ces armes. Interrogé sur le sujet, Jeremy Fleming, le directeur du gendarme britannique de la cybersécurité, est revenu en détail sur le poids de plus en plus prépondérant du cyberespace dans la stratégie de défense mise en place par les Etats.

« Pour être une cyberpuissance responsable, nous devons défendre la patrie numérique, nous devons être capables de perturber et de concurrencer le cyberespace, et nous devons le faire dans le respect du droit international et des normes convenues au niveau international », explique ce dernier. Et de rappeler que les cyberattaques et les campagnes de piratage sont de plus en plus courantes dans les techniques de renseignement de différents pays. Dernier exemple en date aux Etats-Unis, où Washington suspecte la Russie d’être à l’origine d’une vaste campagne de piratage contre différents organes gouvernementaux.

« Le cyberespace est devenu un domaine d’opérations. Nous devons donc, lorsque nous envisageons des opérations militaires, être capables d’exploiter le cyberespace, de nous y défendre et d’intégrer de manière cruciale ses effets à ce que nous faisons sur terre, dans les airs et sur mer – et dans l’espace », relève le patron de l’autorité britannique chargée de la cybersécurité.

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Pacifier le cyberespace

Accompagné du général Sir Patrick Sanders, commandant du commandement stratégique britannique, Jeremy Fleming souligne que si l’utilisation des cyberarmes est de plus en plus à l’ordre du jour au Royaume-Uni – et elles ont déjà été déployées – il est important qu’elles soient utilisées de manière appropriée. « Lorsque nous appliquons la force dans le cyberespace, nous sommes guidés par les mêmes principes que lorsque nous utilisons la force cinétique : nécessité militaire, proportionnalité, discrimination et humanité », fait de son côté observer le général Sir Patrick Sanders.

« L’idée de construire une sorte de cyberarme de destruction massive et de l’utiliser sans discrimination est directement contraire au droit international, mais elle est également contraire à nos valeurs et contre-productive. Nous essayons d’établir des normes dans le cyberespace », pointent les deux dirigeants.

Pour rappel, le monde a déjà vu les conséquences involontaires de ce qui se passe lorsque les cyberarmes échappent à tout contrôle : l’attaque WannaCry de mai 2017, suivie quelques semaines plus tard par l’attaque NotPetya, qui a effacé les réseaux d’organisations du monde entier. Les deux attaques avaient utilisé la même vulnérabilité, EternalBlue, qui faisait partie d’un outil de piratage de la NSA ayant fait l’objet d’une fuite.

La Corée du Nord s’avère avoir lancé WannaCry tandis que l’attaque de NotPetya est attribuée à l’armée russe. Les deux attaques ont été conçues pour s’autoentretenir, et toutes deux se sont probablement propagées de manière plus incontrôlée que ceux qui les ont lancées ne l’auraient souhaité. « Dans ces conséquences, ce que nous avons vu, ce sont des outils qui se sont autoproduits d’une manière que, j’en suis sûr, les Etats derrière eux n’avaient pas prévue. La question est de savoir comment nous pouvons empêcher ce genre de choses de se produire », s’interroge Jeremy Fleming. Une question qui devrait encore rester d’actualité pendant un bon moment.

Source : ZDNet.com

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