Colère de Marcheurs, félicitations de Macron… la macronie divisée après le duel Darmanin-Le Pen – Le Parisien

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« Pas assez dure », « plus molle que nous pouvons l’être ». Cette formule, employée par Gérald Darmanin lors son face-à-face avec la patronne du RN jeudi soir sur France 2, fait tousser une partie de la majorité. « Pas terrible », convient un député LREM, pourtant en soutien du ministre face à une Marine Le Pen qui, selon lui, « cachait ses intentions ». « Le questionnement parmi les députés, c’est de dire : si la ligne, c’est d’être plus à droite que Marine Le Pen, alors il y a un sujet… », embraye un autre.

Sur Europe 1 vendredi matin, Gabriel Attal a d’ailleurs pris ses distances. Invité à réagir sur l’expression « un peu molle », le porte-parole du gouvernement a remis Marine Le Pen là où il pense qu’elle doit être. « C’est peut-être ce qu’elle cherche, mais elle ment. Elle est floue et c’est cela qui la rend particulièrement dangereuse pour notre pays. »

D’autres se montrent plus sévères encore : « Darmanin a normalisé Le Pen, il n’a même pas été capable de montrer qu’elle puisait son carburant dans l’islamisme radical », torpille un député LREM. Co-fondateur du parti En commun, aile gauche de LREM, Hugues Renson, relève lui qu’« il faut savoir montrer les grandes divergences que nous aurons toujours avec l’extrême droite, plutôt que de danser une espèce de pas de deux dont on ne retiendrait que d’hypothétiques convergences ». Ambiance…

Un message de félicitations d’Emmanuel Macron

Du côté de la place Beauvau, on ne regrette pourtant rien. « Gérald Darmanin a surtout démontré qu’elle n’était pas sérieuse. En refusant de soutenir le projet de loi séparatisme qui comporte des mesures fortes et nécessaires pour lutter contre l’islam radical, elle fait preuve d’un manque de sérieux, de crédibilité et donc, c’est vrai, d’une mollesse indéniable. Il assume en conséquence parfaitement », défend l’entourage du ministre, qui a par ailleurs reçu un message de félicitations d’Emmanuel Macron à l’issue de l’émission.

Au sein du gouvernement, certains applaudissent aussi un coup de billard à trois bandes, sans renier la pointe de cynisme : « Ça rend service à ceux qui à l’extrême droite, comme Marion Maréchal et Eric Zemmour, ne la trouvent plus assez dure. Ça la déstabilise en interne », souffle une ministre. Un conseiller du gouvernement ajoute : « Attal parle aux électeurs de gauche de Macron. Mais Darmanin, il est là pour parler à ses électeurs de droite, qui sont quand même plus nombreux et qui sont, surtout, la clé de sa réélection. »

Là encore, tout le monde ne voit pas les choses ainsi en Macronie, notamment ceux qui veulent envoyer des signaux à la gauche. « Darmanin aurait pu valoriser d’autres marqueurs », soupire un Marcheur, songeant aux annonces sur l’égalité des chances qui devaient marquer cette semaine. « Après la crise, on va retrouver une société fragile, abîmée, précarisée. C’est cela, qui va menacer la cohésion du pays », martèle Renson, l’un des quinze députés LREM réclamant un « effort plus massif » sur le social. Dépassement ou tiraillement… Un stratège LR, est quoi qu’il en soit perplexe sur cette stratégie visiblement validée par l’Elysée : « Il commet une énorme erreur politique en la faisant passer par plus molle que lui. C’est même catastrophique quand ton boss base sa réélection sur un front anti-Marine Le Pen… »

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