Clubhouse : La CNIL se penche sur l’application phare

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Clubhouse : La CNIL se penche sur l’application phare

Si vous n’avez jamais entendu parler de Clubhouse, vous avez bien de la chance : cette application de réseau social lancée au mois d’avril 2020 aux Etats-Unis a tout d’abord connu un succès fulgurant auprès de la Silicon Valley, avant de gagner en popularité à l’international en début d’année 2021. Accessible sur invitation et disponible uniquement sur iOS (c’est après tout encore une version bêta), l’application se distingue de la concurrence en proposant aux utilisateurs d’accéder à des salons de discussion vocale pouvant rassembler quelques individus, ou plusieurs centaines, selon le format choisi par l’organisateur.

Mais avec la popularité viennent les critiques : plusieurs associations et particuliers se sont en effet inquiétés des risques que la nouvelle application pouvait poser en matière de vie privée. Ainsi, en Allemagne, une association de protection des droits des consommateurs assigne l’application en justice pour ses manquements au droit en matière de protection des données et le manque d’information des utilisateurs sur les conditions d’utilisation de l’application.

La CNIL annonce aujourd’hui l’ouverture d’une enquête portant sur le respect du RGPD par l’application, citant notamment « une pétition rassemblant à ce jour plus de 10 000 signatures » visant à l’alerter sur de possibles atteintes à la vie privée émanant de l’application. La CNIL fait également savoir que des plaintes lui ont été adressées concernant l’application.

Comme l’explique la CNIL, Clubhouse ne dispose pas d’établissement au sein de l’Union européenne, ce qui permet donc à l’autorité d’intervenir, au même titre que ses homologues européens. La Commission explique avoir adressé à la société éditrice de Clubhouse – Alpha Exploration CO., Inc. – des questions afin de vérifier si l’application respectait bien le RGPD.

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Du succès et des critiques

Selon la pétition, la politique de Clubhouse permet notamment de récupérer les carnets d’adresses des utilisateurs inscrits, siphonnant ainsi les informations personnelles des contacts de l’utilisateur. Une pratique qui n’est pas vraiment dans l’esprit du droit européen en matière de protection des données, qui précise que le recueil de données ne peut se faire sans le consentement explicite de la personne concernée.

Outre ce premier reproche, des chercheurs en sécurité ont pointé le manque de mesures de protection adaptées mises en œuvre par Clubhouse pour protéger correctement les enregistrements audio diffusés sur la plateforme.

Enfin, certains soulignent le fait que l’application a la fâcheuse habitude de conserver sur ses serveurs les enregistrements audio transmis au travers de l’application, parfois sans avertir explicitement les utilisateurs. Une pratique que Clubhouse utilise à des fins de modération et de résolution d’incidents, mais qui pose un certain nombre de problèmes d’un point de vue juridique : le transfert de données en direction de serveurs basés aux Etats-Unis est actuellement un sujet délicat qu’il convient de traiter avec une certaine prudence.

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