Climat : Les Etats-Unis sortent ce mercredi de l’accord de Paris – 20 Minutes

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La zone industrielle de Detroit aux Etats-Unis, le 16 octobre 2020. — Carlos Osorio/AP/SIPA

Le résultat de la présidentielle ne va rien changer : les Etats-Unis vont quitter officiellement ce mercredi l’accord de Paris sur le climat. L’incertitude est donc totale sur son avenir. Si Joe Biden gagne, la première économie mondiale devrait rejoindre rapidement à nouveau les efforts internationaux contre le réchauffement climatique. Une réélection de Donald Trump, en revanche, entraînerait le pays à faire cavalier seul pour au moins quatre années supplémentaires.

Le candidat démocrate a présenté un plan de 1.700 milliards de dollars afin que lson pays atteigne d’ici 2050 la neutralité carbone. A l’opposé, depuis son arrivée à la Maison-Blanche, le président républicain a défendu l’industrie des énergies fossiles, mis en doute les scientifiques sur le changement climatique et détricoté plusieurs garde-fous environnementaux.

Les Etats-Unis à l’écart de la COP26

Si Donald Trump venait à obtenir un second mandat, la lutte pour le climat passera par les Etats, les municipalités et les entreprises. Leurs initiatives, même sans l’appui du gouvernement fédéral, pourraient permettre aux Etats-Unis de réduire leurs émissions carbone de 37 % d’ici 2030, selon un récent rapport du groupe America’s Pledge.

En cas de victoire de Joe Biden, les Etats-Unis devront officiellement notifier à l’ONU leur volonté de revenir dans l’accord de Paris. Ce sera « la partie facile », confie Andrew Light, conseiller environnemental de l’ancien président démocrate Barack Obama, soulignant que la première puissance mondiale sera laissée « à l’écart des échanges » lorsque le Royaume-Uni accueillera en décembre la COP26.

Un mauvais signal

Des défenseurs de l’environnement estiment en outre que certains pays, comme l’Australie, l’Arabie saoudite ou le Brésil, ont profité de l’annonce du retrait américain de l’accord pour revoir à la baisse leurs propres ambitions. Et même si les Etats-Unis étaient amenés à reprendre rapidement le train en marche, leur crédibilité pourrait être remise en cause. Ils comptaient après tout parmi les architectes de l’accord de Kyoto, qu’ils n’ont finalement jamais ratifié.

Toutefois, quelques signes laissent déjà augurer aux Etats-Unis du ralentissement des combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables. Malgré les efforts de Donald Trump pour relancer l’industrie, davantage de centrales à charbon ont fermé sous sa présidence qu’au cours du second mandat de son prédécesseur Barack Obama. Et, lois du marché obligent, la production et la consommation d’énergies renouvelables ont battu des records dans le pays en 2019. Le gaz naturel compte toujours malgré tout pour plus d’un tiers de la production énergétique américaine avec l’essor de la fracturation hydraulique.

Les défenseurs du climat ont donc les yeux rivés sur les résultats de la présidentielle. Car, comme l’analyse le chercheur néerlandais Niklas Höhne, membre du groupe Climate Action Tracker : « la politique climatique internationale se jouera à quitte ou double sur cette élection ».

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