Climat : « A droite comme à gauche, personne ne voulait de ce référendum » – Le Monde

Spread the love
  • Yum

Beaucoup s’y attendaient mais n’expriment pas moins leur déception, voire leur amertume. Les membres de la convention citoyenne pour le climat et les militants des ONG qui soutenaient leur proposition ont pris acte de l’abandon, annoncé par le premier ministre, mardi 6 juillet, du projet de révision constitutionnelle visant à inscrire, après référendum, le climat et la biodiversité à l’article 1er de la Constitution.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Référendum climat : l’exécutif enterre la promesse d’Emmanuel Macron

Pourtant engagé lors des élections régionales de juin dans une liste soutenue par La République en marche (LRM), dans le Calvados, Grégoire Fraty, 33 ans, l’un des 150 conventionnels, est énervé. « Je m’étais engagé dans la majorité présidentielle, mais je constate l’échec de tous les camps politiques, droite, gauche, majorité… Tous ont joué bloc contre bloc : la droite est restée dans son positionnement anticlimatique, la gauche n’a pas voulu y croire et la majorité n’a pas voulu s’engager vraiment, elle est restée frileuse », affirme celui qui avait fait de cette révision constitutionnelle un point central du travail de la convention. M. Fraty en veut à Emmanuel Macron : « Le président de la République avait dit oui à notre proposition, mais il n’est pas entré dans la bataille, il a laissé faire, j’attendais plus de sa part. »

Le 29 juin 2020, en recevant les 150 volontaires tirés au sort de la convention à l’Elysée, après la remise de leurs propositions, le chef de l’Etat leur avait déclaré : « Vous proposez la réécriture de l’article 1er de notre Constitution et vous proposez d’introduire les notions de biodiversité, d’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique dans notre texte fondamental. Je suis favorable à cette proposition. »

Ne pas vouloir « jouer le jeu de taper sur la droite »

L’abandon annoncé par le chef du gouvernement apparaît comme un désaveu. « Jeter l’éponge n’était pas la solution, le référendum n’est pas un coup politique, il fallait continuer à chercher un consensus, la politique c’est aussi monter au front », insiste Grégoire Fraty, qui dit ne pas vouloir « jouer le jeu de taper sur la droite ». Loin donc de reprendre l’argumentaire avancé dans l’entourage de la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, qui dénonce « une volonté de bloquer de la part des sénateurs qui n’ont pas fait de pas vers la majorité ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Convention citoyenne pour le climat, collectif citoyen sur la vaccination… La démocratie participative à petits pas

Pour Mélanie Blanchetot, autre conventionnelle de 37 ans qui a travaillé sur cette proposition au sein de la convention citoyenne, engagée aux élections départementales dans les Hauts-de-Seine dans un binôme avec un candidat LRM, « c’est l’exemple typique de l’écologie qui n’avance pas et n’avancera pas à cause des postures politiciennes ». Elle aussi renvoie dos à dos tous les camps politiques. « On voulait que cette question de la Constitution ressorte sous la forme référendaire, pour que les Français l’aient entre leurs mains. Mais à droite comme à gauche, personne ne voulait de ce référendum afin qu’Emmanuel Macron ne puisse pas en tirer profit. »

Il vous reste 30.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: