Il était jugé pour tentative d’assassinat depuis jeudi 7 mars. Un ancien étudiant en médecine de Clermont-Ferrand a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir poignardé à 19 reprises son ex-petite amie. La peine a été assortie de dix ans de suivi socio-judiciaire avec obligation de soins.

Les avocats du jeune homme ont annoncé qu’ils feraient appel de la décision alors que l’avocate générale de la cour d’Assises du Puy-de-Dôme, Laure Lehugeur, avait requis 18 ans d’emprisonnement à l’encontre d’Antoine Martin, 22 ans.

Les faits jugés remontaient au soir du 26 mars 2016, lorsque l’accusé avait demandé avec insistance à sa victime, Morgane, qui l’avait quitté cinq mois auparavant, de la rencontrer. Depuis la rupture, il la harcelait de messages, parfois menaçants, lui faisait du chantage au suicide.

Je suis désolé (…) désolé de ce que vais te faire

Antoine Martin

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Alors qu’elle avait refusé de monter dans son appartement, il lui avait alors lâché “je suis désolé (…) désolé de ce que vais te faire”, avant de lui asséner 19 coups de couteau au cœur, au cou, dans le thorax et l’abdomen. L’intervention de plusieurs passants avait mis l’agresseur en fuite. Victime d’un arrêt cardiaque, Morgane avait été ensuite ranimée par les secours et sauvée in extremis par une opération chirurgicale.

L’accusé, lui, avait tenté ensuite de suicider dans la nuit en se jetant d’un viaduc mais avait échappé à la mort malgré une chute de 11 mètres de haut. Victime d’amnésie, il dit aujourd’hui ne plus se souvenir des faits mais reconnaît la matérialité de son geste.

Un acte “désespéré”

Dans l’appartement de l’ex étudiant en médecine, les enquêteurs avaient découvert une lettre dans laquelle il avait écrit avoir “prémédité” son geste, évoquant un “acte désespéré”, fait “par pur égoïsme et faiblesse”. À la barre, les experts ont décrit vendredi 8 mars un jeune homme “très fragile”, inhibé”, “immature” et “narcissique”, loin de l’image projetée par sa famille et ses amis qui le dépeignent comme “calme”, “secret et attentionné”.

Les conseils du jeune homme ont plaidé l’altération du discernement, évoquant notamment une rupture “indépassable” pour leur client. “Mais sa responsabilité pénale reste entière. Il était à ce moment là parfaitement maître de ses actes même s’il souffrait d’un trouble”, avait affirmé de son côté l’avocat de la victime, Me Renaud Portejoie.

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