Chez Orange, le rayonnement international passe par la maîtrise des infrastructures

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Chez Orange, le rayonnement international passe par la maîtrise des infrastructures

Si l’actualité d’Orange est aujourd’hui rythmée par le déploiement de ses réseaux 5G et fibre en France et à l’international, cela n’empêche pas la direction de l’opérateur historique de se projeter sur l’après.

L’après ? Il devrait rimer avec le cloud et la 6G, nous confirme le directeur de l’innovation et du développement de l’opérateur, Michaël Trabbia. Nommé à ce poste hautement stratégique en septembre dernier, après plusieurs années passées aux commandes d’Orange Belgium, le polytechnicien au CV bien rempli mène désormais les chantiers technologiques de l’opérateur historique, non sans suivre quelques lignes directrices.

A commencer par la maîtrise technologique de ses réseaux, et notamment de ses infrastructures mobiles. Alors que les autres opérateurs français ont cédé tout ou partie de leurs réseaux de pylônes et d’antennes à l’ogre espagnol Cellnex, Orange a choisi en février dernier de consolider ses propres infrastructures dans une TowerCo “maison” baptisée Totem. Une stratégie à rebours de la concurrence que revendique Michaël Trabbia.

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Garder la main sur les infrastructures

Pour ce dernier, si la concurrence a pu être conduite à céder ses infrastructures au plus offrant pour des raisons financières, ce n’est pas le cas d’Orange. « Chez Orange, nous avons préféré garder la maîtrise stratégique de nos tours tout en améliorant leur mutualisation avec d’autres opérateurs. C’est ce qu’on a fait avec la création de Totem qui est une entreprise dédiée, autonome, qui ne fait que ça. »

De quoi accélérer les partenariats technologiques avec d’autres opérateurs internationaux ? La porte est grande ouverte du côté de l’opérateur historique. « Nous n’avons jamais caché que nous étions ouverts à accueillir des partenaires – industriels ou financiers – sur Totem tout en gardant le contrôle sur cette structure », précise le maître des horloges technologiques d’Orange. Une précision importante pour l’opérateur, qui fait de la mainmise technologique (et financière) de ses infrastructures un axe majeur de son plan stratégique Engage 2025.

« Pour Orange, conserver la maîtrise technologique de son réseau nous permet de rester numéro 1 en termes de qualité de services et d’apporter des innovations communes sur différents pays », résume le dirigeant, en prenant pour exemple le lancement récent de son répéteur Wi-Fi 6, d’abord commercialisé sur quelques marchés avant d’être déployé en France. Et si l’opérateur souhaite ouvrir l’actionnariat d’une partie de son réseau fibre à travers la création d’une FiberCo, pas question pour autant d’en délaisser – là encore – le contrôle à un acteur extérieur.

« Sur la fibre, nous sommes en phase de déploiement dans un certain nombre de pays, ce qui suppose des investissements extrêmement lourds. Dans ce contexte d’investissements très importants – jusqu’à 1 000 euros par ligne – la logique de FiberCo nous permet de faire entrer des financements pour accélérer les déploiements », explique Michaël Trabbia. Avant d’ajouter que « cette FiberCo doit nous permettre d’accélérer les déploiements tout en gardant le contrôle de l’infrastructure. Voire même de racheter les parts cédées dans un second temps ».

Une voix qui porte

Outre la maîtrise de ses infrastructures, Orange souhaite également avoir son mot à dire sur les futurs chantiers technologiques qui attendent les opérateurs dans les années à venir. Ce qui passe par une présence accrue au sein des organismes de normalisation du secteur, à l’image de la GSMA, l’organisme international défendant les intérêts des opérateurs, présidé par Stéphane Richard depuis 2018.

« Au-delà d’être un élément porteur de croissance, disposer d’une forte présence à l’international permet à Orange de se positionner comme l’un des principaux opérateurs mondiaux et de porter notre voix au sein des organismes internationaux de normalisation, ce qu’on a fait sur la 5G et qu’on est en train de faire sur la 6G », explique Michaël Trabbia, pour qui « seule une forte présence internationale donne les moyens de compter ».

D’autant que si Orange est « en France sur un marché où les relais de croissance sont limités du fait de contraintes importantes en termes de concurrence et de régulation, ce n’est pas le cas sur d’autres marchés, et notamment en Afrique ou dans certains pays européens ». De quoi faire d’une pierre deux coups pour l’opérateur, qui se donne les moyens de peser dans les débats entre géants technologiques, tout en se garantissant une place de choix sur des marchés d’avenir.

Peser sur la 6G

Si Michaël Trabbia a aujourd’hui l’œil rivé sur l’adoption de la 5G, qu’il estime « plutôt plus rapide que ce qu’on avait vu lors du lancement de la 4G », ses pensées sont déjà tournées vers la 6G, qu’on n’attend pourtant pas avant une décennie. Là encore, l’opérateur a fait le choix de privilégier les partenariats internationaux avec d’autres géants technologiques afin de peser sur les débats via le consortium Hexa-X, qui regroupe des acteurs comme Nokia, Ericsson, Atos ou Intel.

« Avec Hexa-X, on prépare clairement le futur car on se trouve, à l’instar de ce qui avait été le cas pour la 4G ou la 5G, sur un horizon de 10 ans », nous indique le directeur du développement et de l’innovation d’Orange.

A l’heure d’ébaucher les contours de la 6G, celui-ci relève que « nous avons beaucoup mis l’accent sur la vitesse, la latence, la consommation énergétique et la sécurité en ce qui concerne la 5G. Pour la 6G, on souhaite mettre l’accent sur la résilience des réseaux et l’impact environnemental, mais cette fois de bout en bout. Notre but est de bâtir un numérique à impact positif ».

Muter en opérateur de services

Alors qu’Orange souhaite s’imposer dans la prochaine décennie comme un opérateur de services au portefeuille d’offres élargi, l’opérateur ne limite pas son intérêt aux seuls réseaux fixe ou mobile. L’opérateur mise encore sur l’union avec d’autres géants technologiques du Vieux Continent pour peser sur les débats dans des sujets portant sur un cloud souverain à la sauce européenne, à travers l’alliance franco-allemande Gaia-X, dont Orange Business Services est membre fondateur.

« Cette association issue de travaux entre des partenaires français et allemands mais désormais résolument européenne, part d’une prise de conscience et d’une volonté de ne plus laisser les données des citoyens européens à la merci d’acteurs étrangers », relève Michaël Trabbia.

« Pour autant, il ne s’agit pas nécessairement de recréer un nouveau service de cloud souverain, mais plutôt d’établir une interopérabilité technique large entre fournisseurs (européens et non-européens), ainsi qu’une vraie transparence sur des attributs de souveraineté permettant un choix éclairé des clients. Cette transparence sera mise en valeur par un label de confiance, établi et vérifié par la gouvernance de Gaia-X, basé sur des garanties qui peuvent être apportées par les différents services de cloud et qui permettra de qualifier le degré de souveraineté associé à ces services de données et de cloud. » De ce point de vue, « on peut décrire Gaia-X comme le Yuka du cloud », sourit le dirigeant d’Orange, tout en précisant que ce label sera ouvert à tous les services de cloud internationaux.

Que ce soit sur la 5G, la future 6G ou le cloud, Orange a donc fait le pari de miser sur son statut d’opérateur international pour peser sur les débats. Avec l’ambition de continuer sa mutation pour ne « plus être seulement un excellent opérateur de connectivité mais également de devenir un opérateur de services au sens plus large ». Pour autant, « il ne s’agit pas de nous transformer en conglomérat », rappelle Michaël Trabbia, « mais bien de se positionner sur des services où nous pouvons être pertinents vis-à-vis de nos clients ».

Et de relever qu’« Orange ambitionne toujours d’être perçu comme un opérateur de confiance pour nos clients, ce qui nous a amené à être présents dans le monde bancaire, dans la domotique ou encore dans le divertissement ». « L’arrivée de nouvelles technologies comme la 5G Stand Alone, l’Edge Computing, combinées à l’explosion de l’intelligence artificielle et de l’IoT industriel, doit nous servir dans les prochaines années à enrichir cette proximité pour apporter de nouvelles solutions à l’ensemble de nos clients, particuliers, professionnels ou entreprises. »

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