Chevaux mutilés: la traque s’intensifie – Le Figaro

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La traque visant à capturer les «dépeceurs» qui mutilent et tuent des équidés à travers la France s’accélère. Ce lundi, un homme de 50 ans a été interpellé dans le Haut-Rhin et placé en garde à vue dans l’enquête ouverte, fin août dans l’Yonne, après des sévices infligés à un cheval de selle et deux poneys, lacérés à l’arme blanche. Sans emploi, le suspect «est connu en Allemagne pour des agressions sur des animaux», alors que sur le territoire il «est plutôt connu pour des infractions de stupéfiants», selon le procureur de Sens, Arnaud Laraize.

Réveillé par des cris d’animaux, Nicolas Demajean, président du Ranch de l’espoir, un refuge situé à Villefranche-Saint-Phal, avait pu établir le portrait-robot d’un des deux agresseurs. Si les gendarmes restent prudents sur l’implication du suspect entendu, sur lequel des comparaisons biologiques doivent être effectuées, cette interpellation intervient au moment où Gérald Darmanin est allé dans l’Oise, en compagnie de son homologue à l’Agriculture, Julien Denormandie, auprès d’éleveurs et d’une filière qui se ronge les sangs. «Il y a 153 enquêtes ouvertes sur la moitié des départements, dont une trentaine de faits graves», a révélé lundi le ministre de l’Intérieur, qui appelle à la «mobilisation générale de l’État et des Français» pour signaler tout indice à la gendarmerie. «Nous sommes face à un phénomène dont nous ne comprenons pas les revendications», a concédé le ministre.

Plusieurs hypothèses

«Il y a une vingtaine de cas d’oreilles coupées, mais il y a aussi d’autres faits, des mutilations d’organes génitaux, des lacérations avec des objets tranchants», a récemment précisé de son côté le colonel Hubert Percie du Sert, coordinateur de la sous-direction de la police judiciaire de la gendarmerie. Outre les chevaux et les poneys, des ânes et même un alpaga, camélidé de la famille des lamas retrouvé mort dans le Lot-et-Garonne, ont aussi été la cible de ces atrocités.

Au regard de «la pluralité des auteurs et des modes opératoires», toutes les hypothèses sont envisagées: dérives sectaires, actes de mimétisme, haine des équidés, règlement de comptes dans le milieu équestre, rites sataniques.

Sollicitée au printemps dernier, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) n’a pas mis en évidence de signes faisant songer aux adorateurs du diable. La piste d’un challenge sordide lancé sur le Darknet ou via une messagerie cryptée est aussi explorée. Conjuguée à la médiatisation des affaires depuis août, cette dernière pourrait expliquer la multiplication des actes de cruauté à travers le pays.

Une chose semble acquise: cette sauvage équipée ne saurait être l’œuvre d’un homme seul. Ulcérés, des propriétaires de chevaux munis d’un coupe-coupe et d’une arme factice ont contrôlé deux automobilistes au cours du week-end sur une route de campagne du Finistère. Leur voiture, repérée dans le secteur, avait fait l’objet d’une diffusion sur les réseaux sociaux. «Les éleveurs et propriétaires de chevaux sont très inquiets, mais ils ne peuvent pas faire des contrôles illicites sur la voie publique», a prévenu le commandant du groupement de gendarmerie du Finistère, le colonel Nicolas Duvinage. Soumis à forte pression, les enquêteurs s’emploient à élucider cette énigme dans les meilleurs délais, avant que celle-ci ne vire au drame en faisant cette fois couler du sang humain sur fond d’autodéfense. Dans un appel à la sagesse, Gérald Darmanin exhorte «les propriétaires à ne pas faire justice eux-mêmes, ce qui serait le drame dans le drame».

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