«C’est vrai qu’il partait souvent dans des délires» : des proches du tireur de Saint-Just témoignent – Le Parisien

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Ils n’ont rien vu venir. Maxime et Stéphane (les prénoms ont été modifiés) sont deux camarades de Frédérik Limol, l’homme qui a abattu trois gendarmes mardi soir à Saint-Just (Puy-de-Dôme). Quelques heures après cette effroyable séquence, ils peinent à réaliser et à comprendre son acte insensé. « Je suis choqué. Pour moi c’était quelqu’un de normal », confie le premier, qui l’avait joint au téléphone il y a une dizaine de jours sans avoir rien remarqué de particulier. En 2018, Maxime avait suivi la même formation en exploitation forestière que Frédérik Limol, dans un établissement de la Haute-Loire. Beaucoup plus jeune que lui, il s’était rapproché de ce père de famille de 48 ans au gré des huit mois à partager la même vie en communauté pendant la semaine. « Il était en pleine reconversion. Il en avait eu marre de son métier d’informaticien et il voulait changer de vie, repartir à zéro. J’avais apprécié sa démarche », se souvient-il.

Stéphane, lui, réside dans un village non loin de Saint-Just, là où Frédérik Limol s’était installé il y a trois ans avec Sandrine, sa nouvelle compagne. « Il était bien marrant, expose ce jeune homme tout en retenue. Evidemment, ça surprend tout le monde. »

«Ça ne m’avait jamais paru excessif»

Lors de sa conférence de presse, Eric Maillaud, le procureur de la République de Clermont-Ferrand, avait souligné le profil « extrêmement inquiétant » de Frédérik Limol qui avait versé dans le complotisme et le survivalisme — il aurait notamment été persuadé que la fin du monde était proche. « C’est vrai qu’il partait souvent dans ses délires, confirme Maxime qui peine à décrire précisément ces élucubrations. Il était un peu dans son monde, il parlait de gens qui manipulent. Il disait qu’il voulait protéger sa famille, faire des réserves de nourriture. Je disais oui oui, mais, en réalité, ça me passait au-dessus. Ça ne me dérangeait pas, chacun pense ce qu’il veut. Mais ça ne m’avait jamais paru excessif. »

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Sans s’être inquiété non plus, Stéphane avait ressenti cette angoisse chez son ami. « Il parlait pas mal du Covid. Il disait qu’à cause de l’épidémie, les gens allaient se battre entre eux, qu’ils n’auraient plus à manger et qu’ils viendraient se servir à la campagne », relate le jeune homme qui, lorsqu’il s’était rendu dans sa ferme, avait remarqué les caméras de surveillance que Frédérik Limol avait fait installer. Passionné d’armes, cet officier de réserve de l’armée s’habillait souvent en tenue militaire.

Sur son caractère, Maxime décrit un homme « simple, qui ne se la racontait pas ». « Il se faisait respecter mais jamais au point de devenir agressif », assure son ancien condisciple. « En ce qui me concerne, je ne l’ai jamais vu violent », ajoute Stéphane. En revanche, tous deux savaient qu’il vivait une séparation difficile d’avec son ancienne épouse, notamment au sujet de la garde de leur petite fille de 7 ans. « Il n’aimait pas trop en parler mais on voyait bien que ça le minait », assure Stéphane. Cette situation avait donné lieu à des plaintes réciproques entre lui et son ancienne épouse.

Aux yeux de ses camarades, Frédérik Limol semblait épanoui avec Sandrine. « Il y avait des hauts et des bas, comme dans tous les couples, mais sans plus », croit savoir Maxime. La réalité était sans doute plus sombre. Ce mardi soir, c’est parce qu’elle avait été battue que sa compagne a alerté les gendarmes. Même si les forces de l’ordre n’avaient jusque-ici jamais été appelées pour des violences conjugales, ce n’était vraisemblablement pas son premier accès de violence. Il aurait également eu des problèmes avec sa consommation d’alcool. Sandrine a pu être entendue ce jeudi après-midi par les enquêteurs.

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