« C’est vide, c’est triste, mais c’est toujours beau » : les illuminations de Noël lancées sur les Champs-Elysées – Le Monde

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L’avenue des Champs-Elysees après l’inauguration des illuminations de Noël, le 22 novembre.

« Au BHV, devant les vitrines, il y a de la musique avec des clochettes. Ça fait Noël. Ils auraient pu en diffuser, au moins, non ? » Florence Legrand s’attendait « à quelque chose de plus féerique » parce qu’« on aurait bien besoin d’un peu plus de gaieté et de légèreté ». Celle qui habite le quartier est venue avec une amie, son petit chien et son fils, Damien, âgé de 10 ans, voir le lancement des illuminations de Noël sur les Champs-Elysées, à Paris, dimanche 22 novembre, à 19 h 15. « D’habitude, toutes les terrasses des immeubles de l’avenue sont éclairées », raconte cette femme de 45 ans. Mais, cette année, aucune fête sur les rooftops bordant la voie urbaine. « C’est vide, c’est triste », juge-t-elle, avant de souligner combien « c’est toujours beau ».

L’an dernier, au premier jour d’illumination, « lors d’un grand rassemblement populaire », s’était félicité le Comité des Champs-Elysées, son organisateur, aux côtés de la Ville de Paris, plus de 70 000 personnes s’étaient massées sur la chaussée pour crier des hourras, en famille, faire des selfies et ainsi lancer la saison des fêtes dans la capitale. Les touristes étaient là. Les Franciliens aussi.

En ce dimanche de 2020, ils n’étaient que quelques centaines à être sur les Champs, « par hasard, au détour d’un jogging » raconte un sportif de 23 ans, ou parce que « c’était l’occasion de mettre le nez dehors », avoue Antoine Ethévenot, dont la cadette, Apoline, a enfilé une jupe à paillettes pour l’occasion. Le modèle « fait réveillon, hein, ma chérie ? », glisse Elisa, sa mère, avant de convenir que « tout ça manque d’ambiance ».

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Sortir les Champs du gouffre

Car c’est sans confettis ni sono que les 400 arbres des Champs-Elysées ont été éclairés de rouge. Du même rouge d’ailleurs que celui de 2019. Le noir est lui de mise partout ailleurs sur l’avenue du 8e arrondissement. Pour respecter les mesures de confinement visant à lutter contre la propagation du coronavirus, 90 % des magasins du quartier ont été contraints de fermer au 31 octobre. Les restaurants et les hôtels de l’avenue ont aussi tiré le rideau. Les néons des cinémas sont éteints. Le granit des contre-allées, parce que vides, en paraît plus sombre qu’à l’accoutumée.

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Les organisateurs de l’événement se disent eux satisfaits de cette soirée si inédite depuis la mise en place des d’illuminations des Champs, voilà quarante ans. Du haut de l’immeuble dominant le 140, avenue des Champs-Elysées, la chanteuse et comédienne Louane, marraine de l’opération, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, ont appuyé sur un buzzer pour illuminer l’avenue pour les sept prochaines semaines ; 50 000 personnes ont suivi sa retransmission en direct, sur le Web et sur BFM-TV. Mais le bilan de cette opération à 800 000 euros ne suffira pas pour sortir les Champs du gouffre. Les 100 commerçants de l’avenue attendent surtout la confirmation qu’ils pourront rallumer leurs caisses enregistreuses au 28 novembre, date éventuelle de réouverture des commerces dits non-essentiels, et renouer avec la fréquentation d’antan ; 200 000 à 300 000 personnes par jour s’y pressent, habituellement, en ces périodes de fêtes.

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