« C’est de l’ouverture sous surveillance » : fermer les écoles en France n’est pas nécessaire, selon le président du conseil scientifique – Le Monde

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Jean-François Delfraissy a également plaidé pour la reprise d’une partie des cours en présentiel à l’université à partir des vacances de février.

L’apparition d’un variant anglais plus contagieux du coronavirus en France va nécessiter de nouvelles mesures de restriction. Le conseil scientifique, chargé de conseiller l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire, a remis mardi soir un nouvel avis au gouvernement. Des arbitrages, attendus lors d’un conseil de défense sanitaire, mercredi 13 janvier, devraient être révélés, jeudi, par le premier ministre, Jean Castex, et le ministre de la santé, Olivier Véran.

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  • Pour le Conseil scientifique, il n’est pas utile de fermer les écoles

Invité de France info, mercredi 13 janvier, le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a estimé que « les données anglaises sur la pénétration du virus dans les écoles ne sont pas suffisamment claires pour nous pousser à fermer les écoles en France ». En revanche, a-t-il poursuivi, « nous recommandons un certain nombre de mesures de surveillance beaucoup plus strictes [que celles] qu’on a eues jusqu’à maintenant ».

« C’est de l’ouverture sous surveillance », a-t-il résumé, préconisant la fermeture des classes ou établissements dès l’identification d’un cas de contamination au variant britannique.

M. Delfraissy a également plaidé pour la reprise d’une partie des cours en présentiel à l’université à partir des vacances de février, face aux dégâts psychologiques créés par la crise sanitaire chez les étudiants. « C’est un problème de santé publique majeur. (…) On demande énormément à cette population jeune en France », a-t-il argué.

  • Inquiétudes concernant le variant anglais

Le variant anglais, plus contagieux mais pas plus pathogène, a été identifié dans 1 % de quelque 100 000 tests PCR pratiqués en France, soit un millier de cas sur le territoire national, a déclaré, mercredi le président du conseil scientifique, confirmant des chiffres donnés la veille par le ministre de la santé, Olivier Véran, devant le Sénat.

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D’autres variants ont également été identifiés, en Suisse, au Japon et en Afrique du Sud. Les premières données suggèrent que les deux vaccins actuellement disponibles pour protéger contre les formes graves du Covid-19, fabriqués par Pfizer-BioNTech et Moderna, « neutralisent le variant anglais, ce qui n’est pas totalement prouvé pour le variant sud-africain » en revanche, a rappelé Jean-François Delfraissy.

  • Vers une sortie de crise en septembre ?

Optimiste quant aux vaccins, Jean-François Delfraissy a estimé que la France pourrait sortir en grande partie de cette crise sanitaire en septembre prochain :

« Je fais le pari qu’il y aura bien sûr toujours un certain nombre de gens qui ne voudront pas se faire vacciner mais qu’une grande partie de la population française va comprendre l’intérêt des vaccins et on pourrait sortir en grande partie de cette crise pas totalement, on continuera à porter des masques autour de septembre 2021. »

« Il y a trois mois difficiles à venir, les choses iront mieux au printemps et devraient s’améliorer à la fin de l’été », a-t-il espéré.

  • De nouvelles restrictions nécessaires ?

« De nouvelles mesures » sont nécessaires pour endiguer l’épidémie de Covid-19, a affirmé le directeur de l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France, Aurélien Rousseau, sur RMC et BFM-TV, soulignant « l’impact des fêtes » de fin d’année et le risque « d’effet multiplicateur » du variant anglais.

Le patron de l’ARS francilienne s’inquiète du rebond de l’épidémie dans sa région : « Depuis une semaine, on a pris une quarantaine de points d’incidence, on arrive à nouveau près des 200 [cas positifs] pour 100 000 [habitants] », seuil au-delà duquel le couvre-feu pourrait être avancé de 20 heures à 18 heures. Le taux d’incidence atteignait, en effet, 185 dans le dernier bilan diffusé par l’ARS mardi soir, contre 133 une semaine plus tôt.

Interrogé sur les différentes hypothèses de durcissement des restrictions que pourrait annoncer le gouvernement jeudi, M. Delfraissy a refusé de se prononcer, renvoyant la décision au politique. « Je suis très préoccupé par ce variant anglais. Plus vite, on prend des décisions, plus elles vont être efficaces », a-t-il, cependant, ajouté.

  • Premières vaccinations de personnes de plus de 75 ans, hors Ehpad, à Nancy

Les premières vaccinations contre le Covid-19 de personnes de plus de 75 ans, hors Ehpad, ont débuté mercredi matin à Nancy, ville fortement touchée par le rebond de l’épidémie, avec plusieurs jours d’avance sur la campagne nationale.

La campagne nationale sera lancée officiellement jeudi, avec l’ouverture d’une ligne téléphonique pour la prise de rendez-vous et une visite du premier ministre, Jean Castex, en Lorraine. Celui-ci avait annoncé, entre autres mesures visant à accélérer le rythme des vaccinations, vivement critiqué pour sa lenteur, que la vaccination serait ouverte à toutes les personnes de plus de 75 ans à partir du lundi 18 janvier.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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