Il aura fallu près de trois ans aux chercheurs pour produire cette image extraordinaire : l’image la plus profonde de l’univers jamais captée depuis l’espace. Un résultat obtenu en récupérant la lumière perdue autour des grandes galaxies qui apparaissent sur le célèbre champ ultra-profond de Hubble.

Les images prises par le télescope spatial Hubble, et montrant des milliers de galaxies de toutes les formes et de toutes les couleurs, font partie des plus incroyables images dont nous disposions de notre univers. Aujourd’hui, des chercheurs annoncent être parvenus à gagner encore un peu plus en profondeur.

C’est une équipe de l’Institut d’astrophysique des Canaries (Espagne) qui publie cette image extraordinaire. Pour l’obtenir, les chercheurs ont retravaillé, pendant pas moins de trois années, les clichés originaux qui avaient permis de produire la célèbre image du champ ultra-profond de Hubble. Ils leur ont appliqué des techniques nouvelles de traitement de l’image. Et ils ont, ainsi, littéralement récupéré de la lumière perdue et éclairci quelques zones obscures.

Selon les astrophysiciens, la lumière récupérée par leur méthode équivaut en intensité à celle émise par une galaxie entière. © @asborlaff

Des galaxies deux fois plus grandes

Rappelons que le champ ultra-profond de Hubble avait été obtenu à partir de centaines d’images enregistrées par la caméra à champ large WFC3, au cours de plus de 230 heures d’observation. Les chercheurs de l’Institut d’astrophysique des Canaries se sont appliqués à en optimiser la qualité, à la fois pour les petites galaxies les plus distantes et pour des zones plus larges entourant les galaxies les plus étendues.

Résultat : l’image la plus profonde de notre univers jamais obtenue. Une image très différente de celle qui apparaît sur les précédents clichés. Elle met en lumière des régions qui étaient jusqu’alors restées invisibles à nos yeux. De quoi permettre aux chercheurs de calculer que certaines galaxies présentent en réalité un diamètre deux fois plus grand que celui qui leur avait été préalablement attribué !

Pour en savoir plus

On a retrouvé 90% des galaxies lointaines !

En utilisant deux télescopes géants équipés d’un filtre particulier, les astronomes de l’Eso viennent de découvrir un très grand nombre de galaxies lointaines qui leur échappaient jusqu’à maintenant.

Article de Jean-Baptiste Feldmann paru le 06/05/2010

Pour sonder l’Univers on a l’habitude d’observer la lumière émise par l’hydrogène, son constituant majeur, et plus particulièrement la raie dite Lyman alpha. Cette raie, découverte au début du vingtième siècle par le physicien américain Theodore Lyman, est émise dans l’ultraviolet à 121,6 nanomètres par certains atomes d’hydrogène excités. Mise à contribution pour étudier de nombreux objets célestes, cette raie a par exemple révélé l’existence d’Himiko, un globule géant, ou encore de proto-galaxies.

Malheureusement, beaucoup de photons Lyman alpha ne parviennent pas à traverser les nuages de gaz et de poussière qui s’interposent entre les sources cosmiques lointaines et nous. Les astronomes étaient donc conscients d’obtenir des images tronquées de l’Univers lointain. Restait à préciser la quantité de galaxies manquantes…

Un Univers insoupçonné se dévoile

En utilisant deux des quatre télescopes de 8,2 mètres de diamètre de l’Eso, les astronomes ont pointé une région céleste appelée Goods-sud (pour Great Observatories Origins Deep Survey) qui a déjà été étudiée il y a quelques années par le télescope spatial Hubble. Ils ont effectué deux relevés de cette zone, l’un dans la raie Lyman alpha, l’autre dans la raie H-alpha. Cette dernière est émise dans la partie rouge du spectre à la longueur d’onde de 656,3 nm et n’est presque pas absorbée par le gaz et la poussière interstellaires. Une longueur d’onde accessible à la nouvelle caméra Hawk-I (pour High Acuity Wide field K-band Imager) en service depuis 2007. Cet instrument permet des sondages significatifs en raison de son grand champ (15% de la Pleine Lune environ), bien plus élevé que la précédente génération de capteurs H-alpha.

Couplée à la puissance optique du VLT (le Very Large Telescope), la caméra Hawk-I a montré toute la richesse de la zone Goods-sud, révélant presque 90% de galaxies invisibles dans la raie Lyman alpha. Pour Miguel Mas-Hesse, l’un des auteurs de l’article publié dans la revue Nature, cette découverte du pourcentage de la lumière manquante va permettre d’élaborer de nouvelles représentations de l’Univers. Les astronomes auront désormais accès à un plus grand nombre de galaxies, beaucoup moins lumineuses car beaucoup plus éloignées, leur dévoilant ainsi différents stades de l’évolution de l’Univers.

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