Caucus de l’Iowa : Pete Buttigieg donné en tête devant Bernie Sanders – Libération

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L’un des candidats les plus centristes, au coude-à-coude avec le prétendant le plus à gauche. Après de longues heures de cafouillage, le parti démocrate de l’Iowa a finalement rendu publics mardi après-midi les premiers résultats, partiels, des caucus de lundi soir, première étape des primaires démocrates. Ces chiffres ne sont pas définitifs: seuls 62% des 1600 bureaux de vote de l’Iowa ont été, à cette heure, comptabilisés. Ils placent en tête le benjamin de la course, Pete Buttigieg, ancien maire d’une ville moyenne de l’Indiana, qui obtient 26,9% des délégués envoyés cet été à la convention du parti pour désigner leur représentant à l’élection présidentielle de novembre. Suivi de près par le sénateur indépendant du Vermont Bernie Sanders, avec 25,1% des délégués (qui a pour l’instant l’avantage en termes de vote populaire). Sa collègue du Massachussetts et autre représentante de l’aile gauche du parti, Elizabeth Warren, arrive elle en troisième position (18,3%); l’ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, n’est que quatrième, avec 15,6% des délégués.

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Buttigieg avait, pendant plusieurs semaines, occupé la première place des sondages dans ce petit Etat blanc et rural du Midwest. Mais son avantage, qui reste encore à confirmer, est vu comme une surprise dans la course à la Maison Blanche. Déjà parti pour le New Hampshire, qui votera le 11 février, le candidat a lui-même célébré mardi une «victoire stupéfiante», rappelant qu’il était parti de rien l’an dernier, avec «quatre salariés, aucune notoriété, pas d’argent, seulement une belle idée»

A 38 ans, gay et faisant campagne aux côtés de son époux, fort de son expérience de maire démocrate dans un Etat républicain et de vétéran de l’armée déployé en Afghanistan, Pete Buttigieg a su convaincre les démocrates centristes de l’Iowa. Notamment, ceux de la banlieue de Des Moines, la capitale de l’Etat. Ses supporters le jugent capable de séduire les électeurs indépendants ou républicains modérés, présidentielle de novembre en ligne de mire. Au détriment de Joe Biden, qui fait également campagne sur sa capacité à rassembler le pays pour battre Donald Trump. Son mauvais départ dans l’Iowa contraste fortement avec sa domination des sondages au niveau national depuis des mois.

S’ils n’envoient que peu de délégués à la convention du parti cet été – 41 -, les caucus de l’Iowa, premier rendez-vous de la course à l’investiture démocrate pour la présidentielle, sont traditionnellement vus comme des faiseurs de rois. Les candidats qui y réalisent un score élevé profitent d’une bonne dynamique pour la suite ; ceux qui s’y effondrent, ainsi qu’à la primaire du New Hampshire, se retirent rapidement de la course. Les caucus, ces assemblées publiques de quartier où l’on vote, littéralement, avec ses pieds pour rejoindre le groupe de son candidat, sont tout aussi folkloriques que complexes, comme l’a rappelé la débâcle de lundi soir.

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Empêtré dans des bugs techniques dûs au dysfonctionnement d’une nouvelle application pour la transmission des résultats, entraînant un fastidieux décompte manuel, le parti démocrate de l’Iowa n’a, plus de 24 heures plus tard, toujours pas communiqué de résultats finaux. Privant le vainqueur de son triomphe dans l’Etat, et gâchant le coup d’envoi des primaires. Le président du parti démocrate de l’Iowa, Troy Price, a présenté ses excuses pour le retard «inacceptable» dans la publication des résultats. Faible participation, importance disproportionnée d’un Etat peu représentatif de la diversité du pays, amateurisme dans l’organisation… Les caucus, tout comme la place de «First-in-the-nation» de l’Iowa dans le calendrier des primaires, étaient mardi largement remis en question.

Isabelle Hanne Envoyée spéciale à Des Moines (Iowa)

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