Catastrophes en série et syndrome Jurassic Park

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Catastrophes en série et syndrome Jurassic Park

En matière de films, j’avoue deux passions : les films d’horreur comme le démontre aisément ma chronique hebdomadaire ici et les films catastrophe. Rien ne me ravit plus que de voir des villes entières atomisées.

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Un schéma simple

Si le catalogue Netflix est assez maigre en matière de film-catastrophe, Prime Vidéo (Amazon) n’a pas négligé cette niche de films. Généralement classées en action ou en anticipation ou en science-fiction, ces familles de film ne correspondent pas à l’architecture de ces genres. Cette dernière est très simple : une catastrophe imminente survient ou va survenir, frappant l’Humanité tout entière. Les scénaristes se focalisent sur une ville en particulier, celle d’une poignée de gens qui vont devoir sauver la planète. À charge pour eux de trouver la solution pour éviter la catastrophe. Bien entendu, ils trouvent la solution, le monde est sauvé, on se félicite et nous quittons nos héros au soleil couchant, devant une mégalopole dont les ruines fument encore.

Contrairement aux autres types de films — horreur, policier, romantique, comédie — les films catastrophes sont les seuls qui mettent de manière quasi systématique, les scientifiques en avant. Ils sont physiciens, ingénieurs nucléaires, ingénieurs dans les énergies renouvelables, astronautes et leurs connaissances, qui ne sont pas prises en compte au début du film, sont prises au sérieux.

L’autre personnage clef dans les films-catastrophes est le « physique » : un ancien militaire, un policier, une videuse de bar. On peut également retrouver des journalistes ou des survivalistes, mais cela est déjà plus rare. L’idée est d’aider le scientifique dans sa mission qui consiste à sauver l’Humanité, soit en prêtant littéralement ses muscles, soit en approchant les décisionnaires publics. La trame est donc simple, systématique, presque mathématique. La seule variation est la catastrophe en elle-même, qui se base plus ou moins sérieusement sur la science et propose des solutions plus ou moins réalistes.

Adrénaline et instinct de survie

La trame est simple, on peut avoir vu des dizaines de films catastrophes, pourtant cela fonctionne presque toujours, même quand c’est objectivement mauvais. Pourquoi ? Au-delà du fait que cela nous montre un monde qui peut disparaître du jour au lendemain et exercer une sorte de fascination assez morbide, cela répond au même objectif que les films d’horreur : la montée d’adrénaline.

On constate aussi à quel point, même face à un danger imminent et sans issue, les individus luttent pour leur survie. En un sens, c’est réjouissant de voir, bien que cela se passe dans un film, des gens qui décident de ne pas laisser tomber et s’accrochent coûte que coûte à un maigre espoir.

Quant au réalisme des films, si certains scénarios sont parfaitement tirés par les cheveux — au hasard, celui du film où un trou noir va aspirer la terre et qui est contré par un « simple » retour dans le temps — certains éléments sont plus véridiques. Ainsi, ces films mettent souvent en scène des survivalistes un peu déconnectés du monde actuel, qui donnent leurs astuces pour survivre. Certaines sont clairement énoncées dans des « guides » gouvernementaux en cas de coupure d’eau, d’électricité, etc. À défaut de lire les guides en question, regarder ce type de films permet de toucher plus de personnes.

Syndrome Jurassic Park

Dans Jurassic Park, l’informaticien en chef du parc est le seul à avoir accès à certaines informations. Sa disparition brutale dans l’estomac d’un dinosaure se traduit concrètement par une perte vitale d’éléments. Dans certains films-catastrophes, on retrouve également cet élément scénaristique.

Contrairement au trou noir évité par une remontée dans le temps, non seulement cette situation est parfaitement crédible, mais se vérifie tous les jours, que ce soit dans les PME ou dans les administrations. Le principe même d’être en binôme ou au moins de laisser une documentation suffisamment explicite à disposition des personnes qui auraient besoin d’en connaître, semble être une fantaisie accessoire. Le résultat est connu : si l’informaticien n’est pas là, tout se casse la figure.

Le plus amusant est également la figure du sauveur informaticien dans ce type de film. Dans Jurassic Park, elle est incarnée par une fillette accro aux ordinateurs et dans Le jour de l’apocalypse (disponible sur Prime), par deux ahuris fans de science-fiction. Dans le monde réel, c’est souvent le petit neveu de la cousine de la femme de ménage « qui passe beaucoup de temps sur Facebook alors il sait comment ça marche ». Le résultat immédiat n’est pas une collision imminente avec la planète Mercure, mais on n’évite généralement pas la catastrophe. Chers managers du monde entier, unissez-vous pour binômer vos personnels techniques ou au moins, veillez à ce qu’il y ait une documentation.

Si vous aussi, vous êtes fan de film-catastrophe, je ne peux que vous recommander le catalogue de Prime Vidéo, extrêmement bien fourni.

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