Cas de “thromboses rares” avec AstraZeneca: peut-on déjà identifier les personnes à risque? – BFMTV

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Une soixantaine de cas de thromboses ont été recensés dans le monde ces dernières semaines sur plus de 22 millions de patients vaccinés avec le vaccin AstraZeneca. Mais à ce jour, aucun facteur de risque clair n’a été identifié par l’Agence européenne du médicament.

La confiance à l’égard du vaccin suédo-britannique AstraZeneca, déjà bien entamée, risque de ne pas s’améliorer, au regard des dernières annonces des autorités sanitaires mondiales et européennes. L’Agence européenne du médicament (EMA) a confirmé ce mercredi un lien entre le vaccin et de rares caillots sanguins, un lien jugé “plausible, mais rare” par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

La directrice de l’EMA, Emer Cooke, a ainsi déclaré, lors d’une visioconférence, que les caillots sanguins devraient être répertoriés comme effet secondaire “très rare” du vaccin AstraZeneca, tout en soulignant que les bénéfices de ce sérum l’emportaient bien sur les risques encourus.

Dans certains pays, le vaccin déconseillé aux plus jeunes

Tout comme l’ANSM (l’Agence nationale de sécurité du médicament en France) ces dernières semaines, l’Agence européenne du médicament a indiqué que la plupart des cas de caillots sanguins avaient jusqu’alors été observés chez des femmes de moins de 60 ans, raison pour laquelle certains pays (tels que la France, l’Allemagne, le Canada ou encore la Belgique) déconseillent désormais l’usage du vaccin pour les plus jeunes.

Les autorités scientifiques britanniques ont également recommandé mercredi de limiter l’usage d’AstraZeneca aux plus de 30 ans quand c’est possible, mais l’EMA a souligné qu’aucun élément ne l’orientait vers une recommandation similaire.

Dans son rapport hebdomadaire des données de pharmacovigilance sur les vaccins ant-Covid du 26 mars dernier, l’ANSM rappelait que davantage de femmes de moins de 55 ans que d’hommes avaient été victimes de thromboses après une injection d’AstraZeneca, précisant que cela pouvait en fait “refléter l’utilisation accrue du vaccin dans cette population”. L’agence précisait aussi que sur les neuf cas signalés du 12 au 18 mars en France, sept patients avaient de moins de 55 ans, et qu’ils n’avaient pas “d’antécédents particuliers identifiés à ce jour, en dehors d’une contraception orale dans trois cas, associée à un déficit en protéine C/S dans un quatrième”.

Aucun facteur de risque spécifique identifié

Malgré cela, le régulateur européen a fait savoir mercredi qu’il n’était pas à ce stade en mesure d’identifier des facteurs de risque spécifique de développer une thrombose rare après l’injection du vaccin, comme “l’âge, le genre ou les antécédents médicaux”. Pour l’heure, il a donc établi que les cas existants pouvaient être causés par une réponse immunitaire au vaccin, “une explication” jugée “plausible”.

Contactée par BFMTV.com, Annick Guimezanes, immunologiste et ancienne chercheuse à l’Inserm, explique que “l’échantillon de personnes concernées par ces thromboses est encore bien trop restreint” pour en tirer des conclusions sur les publics possiblement à risque.

Selon elle, “30 cas signalés au Royaume-Uni sur 18.1 millions de personnes vaccinées” (d’après l’Agence britannique du médicament au 24 mars), “cela est beaucoup trop peu” pour pouvoir dresser un type de population à risque, car “leurs profils sont encore trop variables”, et il est difficile de dire s’ils sont représentatifs d’une tendance plus large.

“La vie normale d’un vaccin”

Une telle remontée d’effets indésirables, “c’est normal, c’est la vie normale d’un vaccin”, tient aussi à rassurer l’ancienne chercheuse. “Après toutes les phases d’essais cliniques, on entre toujours dans une sorte de quatrième phase de pharmacovigilance, où le vaccin est confronté à la vraie vie. C’est là, en fonction des retours de terrain, que les professionnels de santé vont ensuite “pouvoir donner des conseils, des recommandations plus précises à destination des différents publics”.

“La seule diffférence”, note Annick Guimezanes, c’est “que cette fois, en raison de l’urgence de la situation, la totalité de la planète a les yeux rivés sur cette phase de remontées d’effets indésirables, qui est en réalité tout à fait normale”.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV

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