Un drapeau de l’Union européenne à Bruxelles. — EMMANUEL DUNAND / AFPBruxelles a proposé ce mercredi d’étoffer sa « liste noire » pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. L’Union européenne veut ajouter sept pays, dont  l’Arabie saoudite, dans un contexte de tensions avec Ryad à la suite de l’affaire Khashoggi.

Objectif : « protéger le système financier de l’UE », indique la commissaire européenne en charge des questions de justice, Vera Jourova. Cette initiative de la Commission européenne devra encore recevoir le feu vert du Parlement européen et des pays de l’Union. Les nouveaux pays ciblés, avec parmi eux l’Arabie saoudite et le Panama, s’ajoutent aux 16 qui figuraient déjà sur ce registre, comme l’Iran, l’Irak, le Pakistan ou encore l’Ethiopie et la Corée du Nord.

Pas de sanction mais des contrôles renforcés

« Nous avons mis en place les normes les plus strictes au monde en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux », a-t-elle poursuivi. « Mais nous devons veiller à ce que l’argent sale provenant d’autres pays ne se retrouve pas dans notre système financier », a-t-elle ajouté.

Le fait de se retrouver sur cette liste ne déclenche pas de sanctions, mais il oblige les banques européennes à appliquer des contrôles renforcés sur les opérations financières avec des clients ou des établissements financiers dans ces pays. Sur une cinquantaine de pays passés à la loupe, la Commission a conclu que 23 présentaient des « carences stratégiques » dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Des relations envenimées

L’initiative de l’exécutif européen ne fait pas l’unanimité au sein de l’UE. Les réticences de capitales comme Paris ou Londres sont interprétées par certains comme une volonté de ne pas envenimer les relations avec certains pays. Notamment celles avec l’Arabie saoudite, particulièrement tendues depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Commis début octobre dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando venu de Ryad, ce crime a profondément terni l’image des dirigeants saoudiens, et provoqué de fortes tensions avec les capitales occidentales. Les pays qui souhaiteraient s’opposer à la nouvelle « liste noire » disposent d’une période d’un mois (prolongeable d’un mois) pour réunir une majorité qualifiée d’Etats membres hostiles.

Monde

Affaire Khashoggi: Un «meurtre planifié et perpétré» par des représentants de l’Etat saoudien selon l’ONU

Monde

Arabie Saoudite: L’étrange absence du prince héritier pose question

Monde

Le Parlement européen adopte de nouvelles règles contre le blanchiment d’argent