Britanniques et Européens saluent un « bon accord » sur les relations post-Brexit – Le Monde

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Après des années de déchirements, la page du Brexit sera définitivement tournée à la fin de l’année : les négociateurs européens et britanniques ont fini par parvenir à un accord sur les relations commerciales post-Brexit, jeudi 24 décembre. Un « bon accord », ont affirmé Britanniques et Européens dans la foulée.

C’est un « bon accord, équilibré » et « juste » pour chaque partie, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse. Le Royaume-Uni restera « un partenaire digne de confiance » de l’Union européenne (UE), a-t-elle assuré, ajoutant : « [Cet accord] nous permettra de nous assurer que nous pouvons finalement laisser le Brexit derrière nous. »

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a, lui, tweeté : « L’accord a été trouvé », accompagné d’une photo de lui exultant, bras écartés et pouces levés.

« Je le dis directement à nos amis et partenaires de l’UE : je pense que cet accord signifie une nouvelle stabilité et une nouvelle certitude dans ce qui était une relation parfois acrimonieuse et difficile » pendant près d’un demi-siècle au sein du bloc européen, a déclaré le chef du gouvernement conservateur, qui avait ardemment milité pour le Brexit lors de la campagne pour le référendum de 2016, remportée à 52 % par son camp.

« Nous serons votre allié »

« Nous serons votre ami, votre allié, votre soutien et, ne l’oublions pas, votre premier marché, parce que, même si nous avons quitté l’UE, ce pays reste culturellement, émotionnellement, historiquement, stratégiquement et géopolitiquement attaché à l’Europe », a-t-il poursuivi.

« C’est un bon accord pour toute l’Europe et pour nos amis et partenaires également », a-t-il plaidé, soulignant qu’il serait pour l’UE « une bonne chose » d’avoir à ses portes « un Royaume-Uni prospère, dynamique ». « Ce ne sera pas une mauvaise chose si nous, au Royaume-Uni, faisons les choses différemment ou adoptons une approche différente de la législation », a-t-il ajouté, « à tant d’égards, nos objectifs fondamentaux sont les mêmes ».

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« Nous avons repris le contrôle de nos lois, de notre destin », a-t-il poursuivi. La conclusion de cet accord constitue une victoire pour M. Johnson, triomphant dans les urnes il y a un an avec la promesse de réaliser le Brexit, mais qui a depuis passé une année calamiteuse, sa gestion de la pandémie due au nouveau coronavirus étant très critiquée.

L’opposition britannique votera pour l’accord post-Brexit conclu jeudi, a d’ailleurs annoncé son chef, Keir Starmer, pour qui ce texte n’est pas celui que M. Johnson avait promis. « Nous acceptons cet accord, mais ses conséquences sont les vôtres et rien que les vôtres », a-t-il déclaré à l’adresse du gouvernement britannique, qui dispose d’une très large majorité au Parlement.

« Fermeté européenne »

« L’unité et la fermeté européennes ont payé », s’est félicité pour sa part Emmanuel Macron. « L’accord avec le Royaume-Uni est essentiel pour protéger nos citoyens, nos pêcheurs, nos producteurs. Nous nous assurerons que c’est bien le cas », a averti cependant le président français sur Twitter, ajoutant que « l’Europe avance et peut regarder vers l’avenir, unie, souveraine et forte ».

M. Macron, qui depuis le début a fait pression pour le maintien d’une ligne dure en particulier sur la pêche, a également remercié le négociateur européen, Michel Barnier, pour sa « ténacité ».

La chancelière allemande, Angela Merkel, s’est dite « confiante » dans un bref communiqué :

« Je suis très confiante dans le fait que nous avons ici un bon résultat. Avec cet accord, nous jetons les bases d’un nouveau chapitre dans nos relations. Le Royaume-Uni continuera d’être un partenaire important pour l’Allemagne et pour l’Union européenne en dehors de l’Union européenne ».

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En Irlande, un accord « bienvenu »

Le premier ministre irlandais, Micheal Martin, a salué jeudi la conclusion d’un accord commercial post-Brexit « équilibré », son chef de la diplomatie se réjouissant que soit évité le retour d’une frontière physique sur l’île d’Irlande.

« Un accord de Brexit est vraiment le bienvenu après quatre longues années de négociations », a réagi M. Martin sur Twitter, estimant qu’il permettra de se concentrer désormais sur « [leur] gestion d’une bonne relation dans les années à venir ». « Je pense que cela représente un bon compromis et un résultat équilibré », a-t-il aussi souligné dans un communiqué.

« L’accord conclu aujourd’hui est la moins mauvaise version possible du Brexit, étant donné les circonstances », a-t-il ajouté, précisant que son gouvernement en examinerait « très attentivement » ses quelque 2 000 pages. L’accord n’était pas encore publié jeudi soir.

Il a promis le soutien du gouvernement aux pêcheurs irlandais, qui, selon lui, seront « déçus » par le compromis trouvé sur la pêche, qui a longtemps constitué un important obstacle à la conclusion d’un accord.

Selon le chef du gouvernement irlandais, « le Royaume-Uni demeurera toujours un proche ami et partenaire ».

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Le Monde

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