La première ministre britannique se donne jusqu’au 12 mars pour proposer un nouveau texte aux députés.

Le Monde avec AFP et Reuters Publié hier à 11h30, mis à jour hier à 12h32

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La première ministre britannique, Theresa May, à Charm El-Cheikh, en Egypte, le 24 février.

La première ministre britannique, Theresa May, à Charm El-Cheikh, en Egypte, le 24 février. MOHAMED ABD EL GHANY / REUTERS
Il n’y aura pas de vote des députés britanniques sur l’accord sur le Brexit cette semaine. La première ministre Theresa May a annoncé dimanche que le vote en question à la Chambre des communes était reporté « d’ici au 12 mars », soit dix-sept jours avant la date officielle du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE), prévu le 29 mars.

Mme May avait précédemment déclaré se laisser jusqu’à mardi pour trouver une issue sur le Brexit. Depuis le rejet massif de l’accord de divorce par les députés britanniques, le 15 janvier, la première ministre britannique tente de renégocier avec Bruxelles une nouvelle version du texte qui serait susceptible de rallier une majorité parlementaire. Sans succès jusqu’à présent.

Elle souhaite obtenir des « changements contraignants » au backstop, une disposition décriée au Royaume-Uni, censée garder ouverte la frontière en Irlande après le Brexit.

Comprendre : qu’est-ce que le « backstop » irlandais, au cœur du rejet de l’accord ?

« Une certaine fatigue »

Mme May doit rencontrer lundi la chancelière allemande Angela Merkel, tandis que les négociateurs britanniques retourneront à Bruxelles mardi. Elle doit faire ce jour-là une déclaration devant la Chambre des communes, à la veille d’un débat au Parlement sur la conduite à tenir.

En route vers Charm El-Cheikh, en Egypte, où elle participait à un sommet Union européenne-Ligue arabe, Mme May a expliqué :

« Nous avons eu de bons progrès, des discussions constructives avec l’UE et nous poursuivrons ce travail de manière à pouvoir sortir avec un accord le 29 mars. Quitter l’Union européenne avec un accord le 29 est toujours à notre portée et c’est ce à quoi je vais travailler. »

Cependant, les dirigeants européens montrent quelques signes de lassitude. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui a rencontré Theresa May dimanche, lui a demandé de dire clairement, avant le prochain sommet européen des 21 et 22 mars quels éléments lui permettraient d’obtenir une majorité à la Chambre des communes. « Il faut être deux pour danser le tango, et je sais comment danser », a, pour sa part, déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant de confier : « Je ressens une certaine fatigue liée au Brexit. »

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« Summum de l’irresponsabilité »

En repoussant le vote sur l’accord de divorce, Theresa May s’est par ailleurs attiré les foudres de l’opposition et de députés europhiles, qui craignent d’être mis au pied du mur.

Keir Starmer, le responsable du Brexit au sein du Parti travailliste, y voit « le summum de l’irresponsabilité et un aveu d’échec ». Selon lui, Theresa May « joue la montre dans une tentative désespérée de contraindre les députés à choisir entre son accord et une absence d’accord ». Dans les rangs de la majorité conservatrice, le député Sam Gyimah s’est dit « choqué » par cette « sortie de route ».

La situation pourrait aussi tourner à l’affrontement avec trois ministres – David Gauke (justice), Amber Rudd (travail et retraites) et Greg Clark (affaires, énergie et stratégie industrielle) – qui se sont dits samedi favorables à un report du Brexit si aucune avancée significative n’est enregistrée durant la semaine à venir. Ils ont mis en garde contre les dangers d’une absence d’accord (no deal) pour l’économie et l’unité du Royaume-Uni, un scénario que Mme May refuse d’exclure de son côté.

L’UE refuse de renégocier le traité de retrait, conclu en novembre après un an et demi de négociations, mais se dit ouverte à des discussions sur la déclaration politique l’accompagnant, un texte traçant les contours de sa future relation avec Londres.