Brexit : les dix mois qui ont scellé le divorce entre le Royaume-Uni et l’Europe – Le Monde

Spread the love
  • Yum
Par et

Publié aujourd’hui à 17h46, mis à jour à 18h55

Il était moins une : « deal is done », a enfin annoncé le 10 Downing Street, jeudi 24 décembre, à 14 h 45, heure de Londres. « Nous avons un accord solide », a confirmé Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, pile au même moment depuis Bruxelles. C’est assurément une très bonne nouvelle : il y aura donc un accord « post-Brexit » pour Noël entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE). Un « Brexmas » (Brexit for Christmas), se sont empressés de saluer les médias britanniques.

A six petites journées de la fin de la période de transition, après une dernière nuit blanche de tractations, de dernières heures de fignolage, ligne à ligne, virgule après virgule, d’un texte de près de 1 500 pages, Londres et Bruxelles sont finalement parvenus à finaliser un traité de libre-échange historique, sans taxes ni quotas, associé à une coopération en matière de sécurité. Selon toute vraisemblance, le continent européen devrait donc échapper à un « no deal » économiquement dévastateur au 1er janvier 2021, en pleine recrudescence de la pandémie de coronavirus.

Epuisées par des semaines d’âpres discussions et une bonne dizaine de dates butoir ratées, les équipes britanniques menées par David Frost, le négociateur en chef du gouvernement Johnson, ainsi que les européennes dirigées par le Français Michel Barnier, ne s’opposaient plus ces dernières heures que sur des détails à quelques millions d’euros, des histoires de maquereaux, harengs et autres poissons gras convoités par les Européens dans les eaux britanniques, le reste de l’accord ayant été péniblement mais définitivement agréé.

Suivez notre direct : un accord « bon pour l’Europe et le Royaume-Uni », salue Ursula von der Leyen

Depuis mi-novembre, ils ne s’opposaient plus que sur deux grands sujets : les conditions d’une concurrence équitable, les Européens conditionnant l’accès à leur marché intérieur à un alignement de Londres sur leurs législations sociales et environnementales. Et la pêche, économiquement accessoire mais politiquement très sensible des deux côtés de la Manche : les Britanniques réclamaient de récupérer l’essentiel des quotas alloués aux Européens dans leurs eaux territoriales.

Un accord « fantastique », pour Boris Johnson

Londres et Bruxelles se sont bruyamment félicités d’avoir réussi à décrocher un accord respectant toutes leurs « lignes rouges ». L’accord est « fantastique », « tout ce qui a été promis aux Britanniques durant la campagne du référendum de 2016 et lors de la campagne des élections générales de 2019 a été tenu », a affirmé Boris Johnson, à sa manière toujours vigoureusement optimiste, lors d’une conférence depuis Downing Street, quatre drapeaux Union Jack largement déployés dans son dos.

Il vous reste 82.28% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

%d bloggers like this: