Brexit : les discussions entre Bruxelles et Londres arrivent à « un moment de vérité » – Le Monde

Spread the love
  • Yum

Tous les scénarios sont encore possibles alors que les négociations pour un accord post-Brexit au 1er janvier se trouvent dans leur dernière ligne droite. Le négociateur de l’Union européenne, Michel Barnier, a estimé devant le Parlement européen, vendredi 18 décembre, que les discussions entre Bruxelles et Londres sur leur future relation post-Brexit étaient à « un moment de vérité » et qu’il ne restait que « quelques heures utiles » pour qu’un accord entre en vigueur au 1er janvier.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Brexit : la grande impréparation du Royaume-Uni

« Il y a une chance de parvenir à un accord, mais la voie est très étroite », a-t-il poursuivi, soulignant que la question des quotas de pêche et d’accès aux eaux britanniques restait une des principales difficultés de la négociation. Les Européens veulent conserver un accès aux eaux poissonneuses britanniques, un enjeu crucial notamment pour la France, les Pays-Bas et l’Espagne. Le Royaume-Uni, lui, n’a proposé qu’un maintien de la situation actuelle sur la pêche pendant trois ans, avant de décider des droits de pêche qu’il accordera.

« A l’heure où l’on parle, très sincèrement, (…) je ne peux pas vous dire quelle sera l’issue de cette dernière ligne droite de la négociation. Voilà pourquoi nous devons être prêts à tous les scénarios », a ajouté Michel Barnier, alors que les eurodéputés doivent voter dans la matinée des mesures d’urgence en cas de « no deal ».

« Nous allons reprendre ce matin la négociation avec [le négociateur britannique] David Frost pour une dernière tentative de trouver un accord acceptable, notamment sur la pêche. Nous ne sommes pas sûrs d’y parvenir si chacun ne fait pas un effort réel et concret », a-t-il dit.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a jugé vendredi « difficiles » les négociations post-Brexit avec l’Union européenne et a déclaré qu’il attendait des concessions de Bruxelles. « Notre porte est ouverte et nous allons continuer à discuter », a déclaré M. Johnson aux télévisions britanniques lors d’une visite à Bolton (nord de l’Angleterre). « Je dois dire que la situation semble difficile, il y a un fossé à combler. Nous avons fait beaucoup et nous espérons que nos amis de l’UE (…) viendront à la table avec quelque chose », a-t-il ajouté à moins de deux semaines de la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen.

« Dimanche minuit »

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le premier ministre britannique ont constaté jeudi soir lors d’un entretien téléphonique la difficulté de parvenir à un accord malgré des avancées dans certains domaines.

A l’issue d’une rencontre jeudi matin avec M. Barnier, les chefs des groupes politiques au Parlement européen ont averti que, s’ils ne recevaient pas le texte d’un accord d’ici à « dimanche minuit », ils ne pourraient pas le ratifier à temps pour qu’il entre en vigueur le 1er janvier 2021, quand le Royaume-Uni – qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier – abandonnera définitivement le marché unique.

Sans accord commercial, les échanges entre l’UE et Londres se feront selon les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce, synonymes de droits de douane ou de quotas, avec de lourdes conséquences pour des économies déjà secouées par la pandémie.

Les deux autres sujets qui bloquaient jusqu’alors les discussions – les conditions de concurrence équitable et la gouvernance du futur accord – semblent en voie de résolution. Sur les garanties réclamées par l’UE en matière de concurrence afin de se prémunir contre tout dumping social, fiscal ou environnemental de la part des entreprises britanniques, le Royaume-Uni a fait des concessions et attend en échange plus de souplesse de Bruxelles sur la pêche.

L’eurodéputé Guy Verhofstadt, ex-chef du groupe de pilotage du Parlement européen sur le Brexit, a, lui, affiché son optimisme. « En fin de compte, je pense qu’il y en aura un (deal). C’est comme toujours en politique, cela arrive toujours au dernier moment », a-t-il dit sur la chaîne Sky News.

Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit

Le Monde avec AFP

Leave a Reply

%d bloggers like this: