Brexit : le Royaume-Uni veut “le beurre et l’argent du beurre”, dit Lenglet – RTL.fr

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C’est peut-être l’ultime étape de ce Brexit, voté il y a maintenant quatre ans et demi par les Britanniques. Mercredi 23 décembre, tard dans la nuit, les négociateurs étaient sur le point de s’accorder sur un texte qui autoriserait la libre circulation des biens de part et d’autre de la frontière commune, sans taxes. 

Un enjeu d’importance pour le Royaume-Uni, qui réalise la moitié de ses exportations en Europe et tire la moitié de ses importations de l’Europe. Il s’agit également d’un enjeu important pour la France, car l’Angleterre est notre premier excédent commercial. L’accord prévoit aussi les indispensables coopérations en matière de sécurité.

Il aura fallu quatre années d’âpres négociations pour déboucher sur cet accord. D’abord parce que la situation politique anglaise était chahutée depuis le Brexit. Ensuite parce que s’entendre sur un accord de libre-échange est plus compliqué qu’il n’y paraît. 

La pêche au centre des négociations

Bruxelles voulait absolument que le Royaume-Uni s’engage sur le respect des normes sociales et européennes, afin d’éviter que Londres n’envoie sans taxe les produits importés de Chine ou d’ailleurs, ne respectant pas ces normes. Cette stratégie dite du “Singapour sur la Tamise” inquiétait l’UE au plus haut point. Dans les dernières heures, Londres s’est engagée à respecter les règles européennes. 

La question de la pêche a également compliqué les tractations. Les Européens, Français en tête, pêchent largement dans les eaux britanniques aujourd’hui. Ces derniers ne voulaient donc pas perdre cet accès vital pour leurs pêcheurs. Le compromis prévoit une réduction de 25% des quotas européens de prise, pendant une période transitoire de quatre ans et demie. Cela permettrait aux Anglais de récupérer les deux tiers de leurs ressources, soit deux fois plus qu’aujourd’hui. Et cela va se faire en partie sur le dos de la pêche française.

Un pied dedans, un pied dehors

L’accord devrait être signé ce jeudi 24 décembre en principe, afin d’être voté par le Parlement britannique le 30 décembre. Il ne serait ratifié en Europe qu’au cours de l’année 2021, mais entrerait en vigueur de façon provisoire dès le 1er janvier.

Si le Royaume-Uni souhaitait à la fois le Brexit et un accord de libre-échange, c’est qu’ils voulent “le beurre et l’argent du beurre” : ne plus payer le budget de l’UE, décider seuls tout en profitant des avantages du marché unique. Si cet accord est signé, la prédiction de l’ex-député européen Jean-Louis Bourlanges va se réaliser. Avant le Brexit, disait-il, les Anglais avaient un pied en Europe et un pied dehors. Après le Brexit, ce sera l’inverse. 

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